smog fog algos et chaos

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lunaison éprouvette

« Au moins 2 milliards de planètes de taille terrestre seraient habitables dans notre galaxie » selon une étude publiée le 4 novembre dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences.

Inventer des pièges à gravité, habiter les étoiles — crash-test, stress-test, des dangers du smog de l’ »airpocalypse » et de son contrôle :  selon Herr Professor Zhang Li « Il faudra probablement développer le système de caméras-radars, dont les ondes électromagnétiques parviendraient à passer à travers les particules de pollution pour assurer la sécurité des zones les plus sensibles. Il faut prévoir un système qui puisse faire face à l’imprévu. » Selon Yang Aiping, chargé de l’équipe civile de La Fondation nationale pour la science et la nature : « La plupart des études menées dans les autres pays s’en tiennent au brouillard. En Chine, la plupart des gens pensent que brouillard (‘fog’) et nuage de pollution (‘smog’) peuvent être traités de la même façon. Or nos recherches préliminaires montrent bien que les propriétés des particules de pollution atmosphérique sont extrêmement différentes de celles des gouttelettes des nuages (…). Nous devrons complètement revoir, voire réécrire, les algorithmes de certains modèles mathématiques. Nous devrons aussi faire de nombreuses simulations informatiques et étendre les tests sur le terrain. »

une histoire de vent

Dernier film de Joris Ivens, « une histoire de vent » (article sur le blog noreille

Le vent est ciel dans la terre, une bouche invisible, aux mots et attributs promis, une oreille musicale sans solfège, avant-même, justement, quand tout était possible.

Joris Ivens – À Valparaíso

1963, dernière étape coloniale avant le paradis, quand le temps battait pour toujours, quand l’homme avait des mains, quand les villes se laissaient dessiner éventrées par les champs et les forêts, se dissoudre dans l’être-rêve d’un anthropologue resté ailleurs, alors encore dans un musée, l’œil grand ouvert derrière ses verres myopes.

sirènes désastreuses

Noire finance (Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi – France, 2012, 112 et 63 mn.)
Inside Job (Charles H. Ferguson , US. 2010, 108mn.)

https://dailymotion.com/video/x1zx56p

Magnetosphere
Tournent et cognent les glaçons, implosent le gaz lourd des Spotlights – rage crépusculaire, laisser passer la nuit, fuir à obtenir un tintinnabulement, une émulation, une dispersion, une dissolution. Autre mesure prophylactique de décongestionnement: les yeux, éclaircis par la nuit blanche, maintenus aveuglément volontairement grands ouverts la tête plongée dans l’eau au soleil levant. S’enrouler s’étendre dans l’écho modulé de la boucle électromagnétique grosse de captations hautement radioactives, jouir du contact enveloppant sous le champ magnétique terrestre. Les récepteurs, dit-on — rendent un son d’antenne bien métallique, prélude aux sirènes désastreuses. On imaginerait plutôt, ce qu’on eût dans l’oreille, la surprise de l’écho baleinesque d’un chœur de grenouilles, le frôlement de papillons de nuit dans l’averse de neige, pas loin, à pied, en traversant l’autoroute, vers la piste d’atterrissage. On doit louper quelque chose…
On appelle la sirène, l’éco traîne cette grotesque rengaine
 — par contre l’histoire est d’organe, a un rythme, une ambiance, des mécanismes froids la devancent, la plie, la capte, tordant le langage, une bouillie: après, c’est pas les programmes, c’est tirer sur les radeaux.

bille en tête

La vallée qui s’offrait aux yeux avait été nettoyée de sa forêt, les bêtes sauvages elles devenues entités à histoires supposées. On imagine un lac. Nous arrêtions notre course à  l’émerveillement des danses papillons – notre goût des chenilles s’exhaussant d’une abstinence militante. Nous remontons le temps, pas de problème. Au réveil café clope internet avec « la voix de la Russie » : en Sibérie orientale est né l’espoir de réussir le clonage d’un mammouth dont la corne découverte a gardé de la moelle des cellules au noyau bleu, ce serait le treizième animal cloné. Encore : « En Russie, la théorie de l’origine extraterrestre de la vie a été justifiée par les scientifiques de l’Institut de la spectroscopie de l’Académie des Sciences de Russie ». La Russie à des airs pendant d’un Mac Donald endurant, son esprit révèle aux rêves l’excellence du peuple qui valse à sa vie somnambule. Un chemin! enfin nous aurons le temps, d’ores et déjà occupés aux préparatifs, aux déménagements, aux transferts des zones clefs, aux costards polaires, à la mécanique des réparties, aux néons des souterrains qui clignotent à l’approche de nos vacances éternelles.

Il était déjà tard, la lumière boréale empêchait de dormir, et des bruits, qui était-ce ? plutôt que se retourner vers l’entrebâilleur et le judas, derrière le rideau de fenêtre soulevé il vit le clocheton en demandant à voix haute « qui est-ce ? », et bien que redemandant, une deuxième fois, assez, l’attente fut interminable – heureusement il y eut le coq ou l’angélus, qu’importe. Les bruits du jour sont identiques, ces temps les gens sont nerveux, sans queue ni tête, et plusieurs grimaçant ont hésité à s’extraire de leur auto-mobilité en coller une à un quidam – alors que ce cosmonaute, homme lisse et limpide incarné, enfin, star libérée de la gravité aquatique, voltige en rotation, qui pas à pas feutré avec le vertige, nous conduit.

まあだだよ (Maadadayo) « je ne suis pas encore prêt »

Globe à l’ombre des rayons, sous de perpétuels bons auspices, l’océan perpétuel tourne tourne — objets sciences de nos soucis durs émargent de stables répliques, produisent les contrôles, les doutes éduquent les sages décisions, réparent les montres Dali, embaument le glissement des secondes dans un miroir de jade — anticipent le bonheur promis.

Vincent découvre d’Hiroschige, Hokusai et Reisei, que l’homme est une fleur, il aime partir, il est encore à Anvers, essaye tant bien que mal de faire le point, entre Jésus et La Sociale. Deux ans à Paris, la solide et raide fée absinthe par mansuétude l’en chasse. Des ponts, du Japon, Vincent s’est arrêté à Arles, s’empresse de prévenir Émile Bernard: « Comme j’ai promis de t’écrire, je vais commencer par te dire que cette région me paraît aussi belle que le Japon par la luminosité de l’air et le joyeux effet des couleurs ». Toujours très seul, un peu de Grèce dans la tête, pas de celle où les allemands se voient voler leurs vacances par les dits « clandestins » déportés aux clubs Méd’.

«Faut-il dire la vérité et y ajouter que les zouaves, les bordels, les adorables petites arlésiennes qui s’en vont faire leur première communion, le prêtre en surplis qui ressemble à un rhinocéros dangereux, les buveurs d’absinthe, me paraissent aussi des êtres d’un autre monde. C’est pas pour dire que je me sentirais chez moi dans un monde artistique mais c’est pour dire que j’aime mieux me blaguer que de me sentir seul. Et il me semble que je me sentirais triste si je ne prenais pas toutes choses par le côté blague. » (Lettre 588 à Theo, 21 ou 22 mars 1888).

« J’aurai terriblement besoin du père Pangloss lorsqu’il va naturellement m’arriver de redevenir amoureux. L’alcool et le tabac ont enfin cela de bon ou de mauvais – c’est un peu relatif cela – que ce sont des anti aphrodisiaques faudrait-il nommer cela je crois- Pas toujours méprisables dans l’exercice des beaux arts. Enfin là sera l’épreuve où il faudra ne pas oublier de blaguer tout à fait. Car la vertu et la sobriété, je ne le crains que trop, me mènerait encore dans ces parages-là où d’habitude je perds très vite complètement la boussole et où cette fois-ci je dois essayer d’avoir moins de passion et plus de bonhomie. » (Lettre 768 à Theo, 3 mai 1889)