d’un rêve

Sitôt endormi plongé dans un rêve face à la figure du revenant: d’une maison inconnue on frappe à la porte au bout d’un long et large et lumineux couloir, j’ouvre: mon père (mort depuis plus de trois ans) se tient là immobile devant moi. Immédiatement il parle avec éloquence, les phrases s’enchaînant semblent appartenir à des ordres de réalité différents, si bien qu’aucune n’est audible. À cause de sa précipitation contrainte à délivrer un message? ou aussi, ou alors, à cause de mon attente intempestive? Il se peut aussi que dans mon état de sidération je n’entendais pas bien, je filtrais de travers et, coupablement, mésinterprétais, ou alors que sa scansion avale le silence, qu’aucune pause ne fut permise, d’un trop-plein de mots sommés par le temps, car soudain je le vois tomber raide vers moi de tout son long. Je fixe, pétrifié, le dos de son crâne chauve, puis le contour de sa face plaquée contre le sol, redoutant de voir glisser du pli d’ombre un filet de sang. Réveil et nuit blanche.