moitié

 

Il se figurait constamment des choses, sans contour certain quant aux choses figurées, ni de ce qu’il s’était figuré, cette habitude active d’oublier grâce à dieu n’avait pas d’importance, d’effacer en partie des choses, de ce qui ressemble aux choses comme un être, dans la pensée d’un être dans les choses, convenance avec une partie des choses sans dimension pour porte de sortie.

s’évader

 

Une ligne horizontale suspendue au ciel, tendue aux extrémités par quelque chose qu’on ne voit pas ou sans savoir si c’est invisible, ou encore la ligne étirée où se perdre, vie immobilisée suspendue là au territoire rêvé et bancal. Clairement certains jours le jour raccourcissait, on voyait à midi les portes derrière le visiteur se refermer violemment et sans bruit, et le veilleur s’enfuir.

les journaux sont formidables

 

« Au fond, quand on ouvre le journal, on voit tout de suite la comédie; c’est dans cette mesure que les journaux sont formidables: chaque jour le rideau s’y lève ». Thomas Bernhard, Evénements, p.80

commençons par là, « le monde comme si  » Mickey par le trou du plancher

la grande affaire

 

« Cette affaire qui est chez tous la grande affaire, affaiblit et hâte naturellement l’évolution qui mène à la mort »  T. Bernhard, Oui, Gal. 

 

n’en finir jamais ni de rien

 

« C’est toujours le dialogue avec mon frère qui n’existe pas, le dialogue avec ma mère qui n’existe pas, c’est le dialogue avec mon père qui n’existe pas non plus, et le dialogue avec le passé qui n’existe pas, qui n’existe plus, qui n’a jamais existé, c’est le dialogue avec les grandes phrases qui n’existent pas, c’est la conversation avec la nature qui n’existe pas, le contact avec des concepts qui ne sont pas des concepts, qui ne peuvent pas être des concepts, le contact avec l’absence du concept, l’insoumission du concept, le contact avec un matériau toujours incomplet, le dialogue avec une matière qui ne répond pas, c’est le silence absolu qui ruine tout, le désespoir absolu dont on ne peut plus sortir, c’est le vis-à-vis imaginaire que l’on s’est construit pour ne plus avoir qu’à se l’imaginer, c’est la tentative de toucher du doigt des objets qui se dissolvent au moment même où l’on croit les avoir saisi, c’est le contact avec des faits qui se révèlent être des erreurs, c’est la tentative de surmonter un temps qui n’a jamais existé, c’est toujours la même imagination en direction d’une représentation qui ne peut par nature que se révéler fausse, c’est l’identification avec des choses sorties des phrases sans que l’on sache quoi que ce soit ni des choses ni des phrases, sans que encore et toujours, on ne sache rien du tout. C’est ça le quotidien avec lequel il faut prendre ses distances, c’est de tout ça qu’il faudrait sortir, pas fermer mais la claquer la porte derrière soi et partir. Le problème est d’en finir avec notre travail, dans la pensée de ne jamais en finir avec rien… c’est la question plus loin, toujours plus loin, sans la moindre pitié, ou bien cesser, en terminer… c’est la question du doute, de la méfiance, et de l’impatience ».  Extrait d’ « une vie une oeuvre »:

Saxifrage

 

Ne t’écartèles pas, si tu ne la vois pas, laisses passer, abandonnes, va comme à cheval sur la première image venue, rien ne préoccupe, excentres-toi (avant de disparaître derrière soi les choses semblent plus lumineuses). Reprend, concentré sur un point, dans la roche, tu as beau creuser à même la roche il se trouve une faille et tu tombes. La vitesse prise brutalement cesse. Par ailleurs, même si la demeure planquée s’avère inconfortable, tu dois continuer, tu t’enfonces, l’espoir invraisemblable s’érode tout de même, le temps ralenti. Au centre du territoire uniforme aussi long que large s’éteignent les cercles.

 

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