raconter encore

 

Les premières histoires que nous écoutions furent celles racontées à propos d’inconnus que de loin, cachés nous épiions. Nous nous sommes donc habitués au mensonge qui est, dit-on, une méthode qui aide à se connaître. En quête de ce qui reste et de ce qu’on ignore, nous revenions nous échouer derrière cette cache pour raconter encore.

le printemps ?

 

 

Difficile à comprendre ce que sont les flots prisonniers des calanques, la houle bruyante, alors qu’à l’horizon la mer éternelle tout en disparaissant. Des mots venus simplement de regarder s’évaporent à leurs images sans voix sans voir brassés aux flots des calanques qui y mettent fin.

Le soleil, blanc, sans chauffer, les oiseaux qui chantent en dormant, la source sous l’arbuste déplumé goutte à goutte dans la rivière, tombent les cercles sonores, le printemps ?

filiation

 

L’art du compromis des robots abandonne en contrepartie à l’homme sa grande affaire de post-vérité. Ils ne sont pas nos pères mais nous sommes leurs enfants. La réalité dédoublée en une chaîne minuscule de mèmes à bout de souffle.

Pour raisons humanitaires l’œuvre de la guerre sera dévolue aux robots.

Les personnes âgées sont de jeunes animaux ridés perdus dans un territoire fermement délimité et perpétuellement changeant. Malheureusement leurs têtes rajoutent une détresse, aucun autre animal n’arrive à les consoler.

Quand l’âge leur vient pourquoi appellent-ils soudain leur chien « Fifille » ? Quand l’âge atteint à son tour leur chien, comme deux gouttes d’eau irréfutables, ce sont bien ses parents.

l’Infini

 

                                                  « Le monde infini aboutit à peu de chose »

 

« Commençons donc tout de suite par le mot le plus simple, l’Infini. Le mot infini, comme les mots Dieu, esprit et quelques autres expressions, dont les équivalents existent dans toutes les langues, est, non pas l’expression d’une idée, mais l’expression d’un effort vers une idée. Il représente une tentative possible vers une conception impossible. L’homme avait besoin d’un terme pour marquer la direction de cet effort, le nuage derrière lequel est situé, à jamais  invisible, l’objet de cet effort. Un mot était enfin nécessaire, au moyen duquel un être humain pût se mettre tout d’abord en rapport avec un autre être humain et avec une certaine tendance de l’intelligence humaine. De cette nécessité est résulté le mot Infini, qui ne représente ainsi que la pensée d’une pensée ».  Edgar Allan Poe, Oeuvres en prose, Bibl. de la Pléiade, p.717

SANS SUITE XXVII

 

Comme on regarde au ciel, les hommes sur terre, suivis des robots qui s’y penchent. Étude studieuse sous les ventilateurs, émergence du monde parallèle, les robots qui ont sautés dans le premier carrosse vous regardent à l’écran.

Les hommes se distinguent des animaux en ce qu’ils prêtent des intentions et un avenir aux machines ; qu’ils accomplissent ainsi le dessein caché de l’univers à se découvrir île vierge.

Une indécise voie lactée superposée d’un calque noir délavé, couleur des yeux de mon robot.

La réponse de la conscience tardive, le panier à mémoire percé, la labilité de la mémoire sans égard. Nos prétentions jouées par des machines définitivement détraquées.

Il a apaisé le rêve de ses parents en les laissant errer dans les catacombes, par lui accompagnés un bout, tout absorbé à se pavaner dans sa nouvelle défroque de dictateur. Confiance aveugle, masques arrachés, applaudir pour l’éternité.

avant de dormir – II

 

Les voix dans le rêve sont polyphoniques, paysage action objets temps indissociablement s’accordent. Parce que les dimensions diverses sont une seule et unies le rêve est vrai, à l’égal des éléments diurnes qui se succèdent matériellement l’un l’autre et se pulvérisent. Sans envers ni endroit, au fil du rêve, à peine le temps de s’étonner, l’image immédiate venue, faire la lumière sur cette étrange histoire colorée, aller vivre ailleurs. Le doute ? Pas d’arrêt ni retour puisque derrière le paysage a changé ou sinon l’insomnie.

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