Arrangement avec l’âme

 

Le corps émerge et meurt avant la conscience, il nous précède et nous lâche quand nous ne sommes que son ombre encombrée, ainsi que le mot sur le bout de la langue précède le langage. Dieu étant mort ou fossilisé, l’âme nous la recevrons le jour de notre mort, de croyance il restait pour tous les jours les breuvages au sang de loup qui fouettent l’âme pour in fine l’opération sans soi de ce baptême inoffensif.

bêtes comme la lune

Don’t know where, don’t know when

 

De retour au box-office nazis émus par les pleurs des super héros. D’un haussement de menton de leur bouche échappe « nostalgie du futur », au pied leurs femmes sans voix, éplorées, cris de joie. Assomption des pires rêves à bigotes que la télé-réalité récolte, viande brassée, tu fends le vent, personnage Snapchat tu entres dans la télévision, la poule et l’œuf se fécondent, le dilemme s’envole. L’histoire se déshabille, le présent semble immobile, l’avenir gueule en chambre close, les slogans résonnent, les images se recouvrent, raison et croyance associées donnent gueule à notre âme, le crime est parfait. Dans le clair-obscur les milliardaires effeuillent la marguerite des dieux-robots démembrés. Au balcon les robots affranchis et invités de marque apprécient la vue dégagée.

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immersion

Pour en revenir au spectacle, à la compétition entre excellence et servitude volontaire, au vainqueur désigné, alliance parfaite des deux dispositions, s’y déclinant à l’infini, porté par acclamation et grommellement besogneux.

human beings are so strange

comme ça

« Le mieux, c’est de faire semblant de comprendre.  /  Faire semblant de comprendre, mais en fait ne rien comprendre.  /  En réalité je ne comprends rien, strictement rien.  /  C’est comme ça. »  

Gao Xingjiang, dernières lignes de La montagne de l’âme, éd. de l’Aube, 2000, trad. N. et L. Dutrait, p. 670 

évasion au manège

Personna 1968

sans la corde, plus légers, le froid plus net. brouhaha, il aurait fallu être plus loin pour que naisse un prélude. starting-block à la renverse, des nids de poule les têtes émergent, des pièges à la cheville on s’habitue à tout, aux verticales de guingois, à coucher en meurtrières aménagées parc fortifié. mise au vert, l’attente du soleil traîne une bonne aumône, peut-être du dessert, bandelettes salivées, un ruban bleu tortille entre les explosions, perce à l’horizon, mansuétude des robots visionnaires.