moi François Hollande

Jusqu’alors je me France, je me Français, je suis François Hollande, j’emporte les tunnels au fond de ma Citroën DS5, j’emprunte le tunnel du lac supérieur, je fends ses murs vierges, ses ondes de chaleur du temps, les élections m’ignorent, j’efface les sondages, je dépeopolise à tout va, des points lumineux glissent sous le ciel bleu nidifié qui m’attend, m’attendait, une grande âme blanche floconne encore le ciel, je suis la France, moi seul le peut, j’étais seul et unique à porter le possible, je ne peux pas être un autre, ni hier ni maintenant, il m’arrive de glisser, je n’ai pas de corps, j’ai la mission de vivre sans inconscient, j’ai juré et m’en suis privé (ne me demandez pas pourquoi) moi seul condamné au dernier mot, au plus proche de l’avenir, ses soupirs, ses extases, sa prison.

Rapidement Moi Lui Hollande président ai pris de la hauteur, j’ai endossé les costards à chef d’état, j’imagine qui être, mon obsession de la vitesse, d’emballer, le rêve vient lentement juste quand je me réveille, je cours la journée dans ses cachettes vides. Être là-devant quand tout le monde perdu.

Homme de poigne légère et de ruse aiguisée, ça fait une drôle de gueule, un amoureux léger et important des femmes, mais quelque fois le soir se dit-il quelqu’un de louche j’ai peur. Escroc par gentillesse de feindre de mieux savoir, d’être avant les autres à leur servir la solution toute faite, l’arrangement attendu de la bande. Serviteur qui n’aurait qu’un seul langage, incarnant la justice et dès lors assumant, bouclier de n’importe quoi et du chaos, le temps du pouvoir devient long. Adieux gênés et soulagés au socialisme, au socialisme achevé, on aura décidément jamais su ce que c’était, et puisque tout part se fait tard on se fera philosophe aux petites heures repentantes, rampantes de la barbarie.

le monde, la merde et les prophètes

sans avoir vu revenir la neige le froid, ça dérape. alors qu’on allait faire le feu chez l’inaccessible hibernante, on somnolait quand même depuis longtemps    /    Révolution Ukrainienne, en live, dans libé « D’après le New York Times, la police ukrainienne géolocaliserait les opposants. Les citoyens se trouvant à proximité des lieux de manifestations auraient ainsi reçu un texto : «Cher abonné, vous êtes enregistré comme participant à un trouble massif à l’ordre public.»    /    France-Suisse : 0-0, HSBC: Paris a falsifié les listes d’évadés fiscaux volée par Falciani    /    Cazenave récuse et martelle      Un banquier d’UBS accuse    /    le paradis de la révolution, OffshoreLeaks : révélations sur l’argent caché des « princes rouges » chinois    /     les pauvres n’iront plus sur la lune; le rapport Oxfam     /     le monde, la merde et les prophètes, François Leclerc :

Détaché de toutes autres considérations que ses résultats financiers, le Pdg de Total Christophe de Marjorie a déclaré dans son petit monde de Davos que « l’Europe devrait être considérée comme un pays émergent ». N’ayant pas froid aux yeux, Douglas Flint, le patron de la banque britannique HSBC, a souligné qu’aucune autre industrie, « à part le nucléaire », n’a autant à démontrer comment elle est préparée à faire face à l’éventualité d’un effondrement de son secteur. Sont-ils bien conscients de la portée de ce qu’ils disent parfois ? 

bazar

Cornell Capa © International Center of Photography USA. New York. Bronxville. 1959. Jack and Miriam in bed in Bronxville, watching Jack's show.L’histoire a des autoroutes si longs et apparemment si droits qu’on n’en voit pas les courbes. Quelque soit la vitesse l’arrivée ne vient pas. À marcher on trouverait des ravines, et sous l’orage qui aveuglait des crues. Au bout dit-on, à l’ombre des paradis fiscaux on sirotait pendant que les palmiers commençaient à griller, on fêtait l’agonie du capitalisme, son apogée, sa théorie du ruissellement, tant qu’à durer, des troupes brouillant les limites du légal afin de vendre la dette en tant que valeur morale, simple, normale.   Dans les tunnels des promesses étaient faites avec musique produits et rires dans les radios, puis annoncé de plus loin par la KCNA, l’agence centrale de presse nord- coréenne « Le moment de l’explosion approche rapidement. Personne ne peut dire si une guerre va éclater ou non en Corée, ni si elle va éclater aujourd’hui ou demain (…)  L’opération impitoyable des forces nord-coréennes a été définitivement examinée et ratifiée”.

Des branches cassent comme d’hab’ mais plus grosses, plus fatales. Cahuzac prendrait son mal en patience à n’être pas seul, la confusion ajoutant à la confusion, le temps que les innocents, qu’on dépouille de leur anonymat, rassemblent une opinion muette. Est-ce un soufflet ? – Offshore Leaks: voici l’enquête internationale. On attend les révélations ce week-end.

Car alors Cahuzac viderait son sac, se mettrait à table, cerise sur le gâteau ivre d’orgueil jaillie, sa lâcheté lavée en trois fois rien, vase communiquant, un truc-troc hargneux de ripoux contre justicier, sans repentir, égrainé d’une colère froide, écrit en taule, dont il sortirait, en même temps que le bouquin genre « ombres et lumière » « mensonge et vérité »  grandi de la fortune liberté au fond du tunnel — car le monde sera le même, augmenté du confessionnal de verre dont nous observons si religieusement la foire, dehors tout s’y confond, il n’y a déjà plus rien à voir.

Too Big to Jail

 Vidéo que le citoyen Jorion invite ici à faire tourner. Les régulateurs de la SEC commis à rendre leur verdict dans les alcôves aménagées et feutrées loin des regards, au risque de passer pour de naïfs recéleurs; le profil bien bas, ils bredouillent, aux questions d’Elizabeth Warren, que oui sans doute l’accord consenti rend justice — l’embarras de ces improvisés juristconsultes justifie qu’aucune peine d’emprisonnement et qu’aucune disposition légale ne pourraient dissuader la rapine. Leur faiblesse trouvant réconfort dans les barques du Titanic à noyer le bouchon. Banques simplement amendées à payer par d’autres moins malins un effort de flexibilité et de compétitivité ; le changement en musique c’est encore TINA. Trafic des valeurs sur tapis rouge sang des lobbies qui dealent rubis sur l’ongle leur savoir-faire dans les instances internationales, du tout-cuit pour petits chefs à tous les étages qui yeux fermés jettent les os; décidément nous vivons au-dessus de nos moyens. Le banquier est-il goûteux ? Les petites terreurs encouragent le profit et la misère à se farcir le bœuf au prix du cheval: sinon qu’on se le dise ce pourrait être l’inverse, ou bien disette.

D’autres lectures : Sur Rolling stones Gangster Bankers. Sur BastamagCritiquer le rôle des banques mène-t-il en prison ? Par Flore VasseurLe Monde en 2030 vu par la CIA , et Lordon sur la pompe à Phynance que je découvre à l’instant; La régulation bancaire au pistolet à bouchon.

«… the nothing is the something… »

Margin Call, film américain écrit et réalisé par J. C. Chandor (2011) À propos de ce film, chez Jorion, cet article « lisible » de Pierre Sarton du Jonchay : La plus grande arnaque juridico-mathématique de tous les temps, ou encore par le trader défroqué lui-même « Margin Call: c’est pas du cinéma »

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The Last Days of Lehman Brothers, dir. Michael Samuels (téléfilm, Royaume-Uni, 2009), diff. BBC, 9 septembre 2009, dans le cadre d’une série d’émissions intitulée « Aftershock », un an après la chute de Lehman Brothers.

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Economiste, cela n’existe pas, selon Jean-Luc Godard, entretien.

sirènes désastreuses

Noire finance (Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi – France, 2012, 112 et 63 mn.)
Inside Job (Charles H. Ferguson , US. 2010, 108mn.)

https://dailymotion.com/video/x1zx56p

Magnetosphere
Tournent et cognent les glaçons, implosent le gaz lourd des Spotlights – rage crépusculaire, laisser passer la nuit, fuir à obtenir un tintinnabulement, une émulation, une dispersion, une dissolution. Autre mesure prophylactique de décongestionnement: les yeux, éclaircis par la nuit blanche, maintenus aveuglément volontairement grands ouverts la tête plongée dans l’eau au soleil levant. S’enrouler s’étendre dans l’écho modulé de la boucle électromagnétique grosse de captations hautement radioactives, jouir du contact enveloppant sous le champ magnétique terrestre. Les récepteurs, dit-on — rendent un son d’antenne bien métallique, prélude aux sirènes désastreuses. On imaginerait plutôt, ce qu’on eût dans l’oreille, la surprise de l’écho baleinesque d’un chœur de grenouilles, le frôlement de papillons de nuit dans l’averse de neige, pas loin, à pied, en traversant l’autoroute, vers la piste d’atterrissage. On doit louper quelque chose…
On appelle la sirène, l’éco traîne cette grotesque rengaine
 — par contre l’histoire est d’organe, a un rythme, une ambiance, des mécanismes froids la devancent, la plie, la capte, tordant le langage, une bouillie: après, c’est pas les programmes, c’est tirer sur les radeaux.