cubes et cercles

Après avoir partagé la pièce de 20 m2 en quatre chambres en croisant deux nouveaux murs, creusé trois portes,  chacun prolonge l’ouvrage et s’unit enfin au sommeil.

Les éléments naissent et disparaissent, de qualités si diverses qu’ils sont inquantifiables. Aucun élément ne peut un jour rejoindre la structure enfin entrevue. Dieu est un bricoleur du dimanche dans la ferraille et les aimants.

Autre cube, vaste et non divisé, autour duquel nous avions l’impression de tourner par ses nombreuses portes ouvertes au regard: selon l’entrée les objets ou les êtres étaient vus sous des angles et des distances variables; leurs formes et leur nature changeaient. Ici les formes accouraient au plus loin hors du centre comme si le bord suspendait le mouvement. Malgré l’invasion des formes l’agitation restait pacifique, la défaite en perpétuel éparpillement, une victoire de la dispersion. La vue panoramique attirait l’oeil  sur de petits cratères en forme de couronne, de petits lits de terre où dort la voute céleste.
D’autres formes mieux assagies, appliquées et maladroites, pataugeaient, se figeaient, sans direction, sans réponse dans un paysage d’enfance agité et rêveur.

campagne / 3

 

C’est d’un fauteuil où les dimanches après-midi meurent sereinement dans les jeux d’eau des fontaines que nous nous levons pousser des landaus escortés de papillons. Avec une paresse d’aveugle-roi encore une fois nous passons devant du linge aux fils, du soleil du vent, des papiers-peints de pièces éventrées. Les nuages font une blanchisserie au-dessus du silence des villes dévastées.

Il y a un an j’étais ici à la cueillette des myrtilles. je compte ainsi le temps. Au retour je marchais dans les rues vides de ce bled groggy, la coupe du monde par les fenêtres ouvertes. L’équipe perdait car tout était silencieux, en mode mi-temps du monde présent.

Approcher les corbeaux fort nombreux dans le parc, c’étaient eux qui marquaient la distance, qui inscrivaient en fuyant la ligne de démarcation, notre présence de trop. Les grands vents froids et piquants les rapprochaient de la maison; dès que quelqu’un en sortait, ils disparaissaient longtemps. Les cyprès du cimetière s’en couvraient en grappe. Les longues averses sans eux inondaient l’étang.

 


 

meutes immobiles 2

 

Sous leur capuche les moines apprennent par cœur et en même temps oublient tout, apprendre à donner et à recevoir, ce qu’on a pas, est un crève-cœur. Lâchée au petit bonheur la chance l’innocence ingénue de la méthode charme, ses effets se partagent aussitôt, les appâts sont délicieux et délicats, les fidèles vite trop nombreux; la méthode n’immunise en rien des attaques de neurasthénie, des glissements en circonvolutions tourmentées et aléas innombrables contre lesquels chapelles et groupes se répondent, pétrifiés, selon leur propre modèle de meute. Épreuve de miséricorde et de stérilité.

explorer le rêve

meutes immobiles 1

 

Victimes d’eux-mêmes en nombre ils s’emmurent par clan, un pacte d’ignorance mutuelle les sépare, les dieux s’arrangeront. Le territoire expulse les frontières, le clan sans réserve presse, se naturalise, le ciel est clément, les opportunités affluent, les déserts avancent comme les inondations, de nouveaux circuits commerciaux s’ouvrent en même temps que les routes no mans land d’évasion, nouveaux arrivants, en colonies d’esclaves, sur banlieues Disney-land, en trafics du vrai, réserve d’occupation de demain, au pays disparu de leurs ancêtres, dans les ruines d’un rêve sans frontière.

 

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Orphelinat de l’enfant Jésus

SANS SUITE 41

 

De ce petit bout de terre la terre s’est agrandie, et tout ce qui n’allait pas s’est pourtant mis en travers, la route est coupée, un peu de terrain gagné, les ornières plus serrées.

Des yeux levés lentement, l’angle est étonnant, de loin comme de près l’ouverture est semblablement si grande qu’elle liquéfie le paysage.

Émergentes des vitalités qui s’éprouvent dans le sommeil, en rêvant. Les positions fermes auxquelles on tient sont d’autant plus fortes qu’il n’y a rien derrière sinon leur strict envers. Les positions faibles tombées à la chaîne, points saillants, mous, majoritaires et secondaires, tournent en rond, les fenêtres sont lavées, éloge du bavardage au ralenti. L’anecdote a sa gloire au matin dans le meilleur des mondes possibles. Il pleut, les flaques, le monde par les reflets s’échappe. Une branche cassée prisonnière des remous du sillage atteint la berge.

C’est déjà le milieu de la nuit, le commencement est difficile c’est pourquoi il ne s’est pas arrêté, éparpillé, à fondre en plomb sa tête qui retombant rencontre la souplesse nécessaire, observant la lecture du journal de la mouche à l’envers, le cours du monde ralentit.

centre du labyrinthe

 

Un tombeau, le ciel est un temple, les pyramides sont des labyrinthes à ciel ouvert. Un lit de grenier dans une chambre princière aux rideaux sombres, rêve qui tire les volets, rêve des mêmes rêves que les autres, infirmes, vieillards, fous, parents, acteurs, images d’actualités mêlées à la pièce familiale, chroniques du palais, bébés qui y dorment.