sans un centre

 

Il a refermé derrière lui la porte du jardin après y avoir abandonné un énième ordinateur, bien décidé à le vider, un jour, de toutes ses carcasses rouillées.
Un hémisphère du cerveau du dauphin dort, pense t-il, puis se réveille laissant l’autre s’endormir à son tour. Celui qui veille est tout entier dehors et dedans, sans un centre, sans partie, le milieu est en paix.l'oeil_du_béluga_Eric_Kilby_Flickr

––– # 17

 

L’immobilité porte l’infini, des milliers de petites choses insignifiantes créent telle inclination, tel sentiment, ceci se répétant jusqu’à prendre consistance en telle circonstance, le corps concorde avec le moment du lieu, les statues rient en pleine nuit, la farce se joue.

Ses propriétés se déclinent sous plusieurs variétés, telle variété exalte tel élément, redistribue l’ensemble, chaque propriété est partagée en toutes les autres propriétés. Au final toutes les variétés se ressemblent.

JARDIN

 

Un scarabée à l’envers dans la saxifrage, lentement, au lancé des lourds amarres, avantage aux méandres dormants d’une corde délassée.

De fait ses fondations creusent vite l’arbre de sa vie aux branches chétives et flexibles dans les brumes nuageuses pareilles inaperçues, presque tomber dans une nature morte où de juste un rien est exotique.

Fossilisé au terme des jours pas vus passés, il fut vital qu’il se désintoxique. Au jardin facile d’un rien faire quelque chose, juste de l’air brasser la poussière du vieux paradis, honorer la toile d’araignée suspendue au coin où le vent meurt. Allant d’un pas paresseux, le vaste champ des ruines se creuse, en tous lieux traîne un moutonnement de petites solutions.

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___________ #8

Birds at Baran, 16th century

« aucun oiseau ne chante dans un buisson de questions »

(Lichen, lichen. Antoine Emaz, p 41, éd. Réhauts)

bleue

si nous n’avions ni pieds ni mains, bref si nous n’étions qu’un oeil, voire simple ligne ou point de l’ombre saltimbanque du petit Poucet, nous pourrions croire pourquoi pas que sous les feuilles mortes nage une poudre liquide, bleue 

study of sky and trees.  john constable


connexion rose

Cristina Garcia Rodero, In the fresh air, Escobar, Spain, 1988. dormir est éternel
la fée des tarmacs

Weegee, Josephine Barricini, Vine St., Hollywood, Cal., ca. 1953-55 .   Slowly

Hier au jardin nous regardions attendris passer le robot-tondeuse somnambulique sous la lune, la compassion prend source dans les déserts, dans la philanthropie missionnaire des expéditions spatiales retour-aux-origines. Les machines nous montrent la voie, le monde de la pelouse s’effectue en toute quiétude. L’âme humaine est composée d’une brique qui manque. Notre inutilité révélée nous encourage à partir pour de bon.