sans un centre

Il a refermé derrière lui la porte du jardin après y avoir abandonné un énième ordinateur, bien décidé à le vider, un jour, de toutes ses carcasses rouillées.
Un hémisphère du cerveau du dauphin dort, pense t-il, puis se réveille laissant l’autre s’endormir à son tour. Celui qui veille est tout entier dehors et dedans, sans un centre, sans partie, le milieu est en paix.

l'oeil_du_béluga_Eric_Kilby_Flickr

avant de dormir – II

 

Les voix dans le rêve sont polyphoniques, paysage action objets temps indissociablement s’accordent. Parce que les dimensions diverses sont une seule et unies le rêve est vrai, à l’égal des éléments diurnes qui se succèdent matériellement l’un l’autre et se pulvérisent. Sans envers ni endroit, au fil du rêve, à peine le temps de s’étonner, l’image immédiate venue, faire la lumière sur cette étrange histoire colorée, aller vivre ailleurs. Le doute ? Pas d’arrêt ni retour puisque derrière le paysage a changé ou sinon l’insomnie.

avant de dormir

 

Après tout, cette ultime défense du corps fatigué, pas encore résigné, cette amorce de réponse molle, cette manie à ramener au devant de la scène de se tenir prêt à tout instant à l’illumination, mais un peu auparavant d’autres essais afin de reculer la chute, par exemple se figer, concentré dans un espace strictement réduit à articuler dans une lenteur absolue un ensemble de postures méditatives. Poussée dilettante, désir parcimonieux de se brancher à des ondes émotionnelles égales à zéro, et de prolonger au-delà vers où les choses infimes gagnent leur place, l’espace sans obstacle.