Catégorie : BESTIAIRE
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Il a refermé derrière lui la porte du jardin après y avoir abandonné un énième ordinateur, bien décidé à le vider, un jour, de toutes ses carcasses rouillées.
Un hémisphère du cerveau du dauphin dort, pense t-il, puis se réveille laissant l’autre s’endormir à son tour. Celui qui veille est tout entier dehors et dedans, sans un centre, sans partie, le milieu est en paix.
sans un centre
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Du troc de coquillages et cailloux rares ceux qui ont roulé sous terre préoccupent. Les animaux en voie d’extinction si nombreux se réveillent d’une tuerie et d’un rêve accourent vers les grottes. Ce seront des parcs, des sanctuaires. La préservation des espèces passe par leur domestication, les dieux sont aimés morts, si nous les appelons encore dieux c’est pour être leur sauveur, nous les aimons conjurant la contagion des petites figures, l’esclave est par définition très mal éduqué. Le parc met les animaux en valeur sans leur faire aucun mal (leur valeur est assurée) ils œuvrent par eux-mêmes à leur émancipation en version augmentée, enfin quelqu’un avec qui parler.
La montagne elle-même, sans plus aucun animal, est spontanément, viralement, devenue emblème, parc d’attractions que l’on voit de loin. Sur ses flancs des files humaines longent des couloirs aux rampes sécurisées. Vu du ciel la boucle se referme. Des arbres subsistent accrochés à la pente du précipice, dommage qu’il soit interdit de les couper.

(@Reuters) – Cygne augmenté 
(Du film d’ Adam Curtis – It Felt Like a Kiss-) de l’avenir du parc
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Anticipation, retour au point initial. Le chien, déplorant son maître tant rompu et fourbu aux mêmes trajets répétitifs, se fait loup, l’entraîne à répondre, à le rendre apprenti chasseur-dresseur, à devenir ce qu’il était, à rendre la forêt plus dense.
Puis le maître passe à l’écriture (paraît-il vraiment avoir les cinq ans qu’on lui donne ?) qu’il abandonne aussi vite. Du tac au tac, à ses pinceaux ses dessins sur le mur, partout des chiens qui parlent.
Maison de luxe sur grand terrain, course entièrement close des deux bergers allemands libres soudain éponges aux pieds du maître.
Les animaux miroirs gardiens des rêves de leurs maîtres sans parole.
De mémoire, du séminaire consacré au bouddha il n’y a que la vache, par la fenêtre de la salle, le silence sous ses pis.
Au concours « libérer le corps » l’élu, beau, léger, est l’escargot.
Souris timide et vive, yeux noirs lumineux, été gris.
Les pigeons adorent les prestidigitations.
Quel spectacle pour le lapin à peine surgi du chapeau !
La salamandre torsade les fables, les idoles, les mensonges des morts aux vivants.
Utopie timide, l’œuf que mange le renard
L’huitre enferme l’écho comme l’araignée tisse sa toile, l’huitre s’enferme dans l’eau.
La chaîne, l’éléphant tire l’arbre
SANS SUITE XIX
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Là-bas, me dit-on, où la terre est très ferme, les corbeaux ont l’odeur de fleurs d’ortie. Je ne dis rien, mes animaux me comprennent. De perdre tout intérêt à la marche du monde, l’idée que l’espace soit le coeur d’un vaste OVNI console ma bêtise. Je baisse les yeux au plus près de ce qui les ouvre, le feu suit le creux, l’appel d’air, remplit l’ombre, entre par effraction dans l’étendue de l’espace glacial.
érosion
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