Pourra-t-on convaincre la termitière du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco d’élire à temps toutes zones désertiques en tant que réserve d’humanité?
Aller et revenir sur le même chemin passera plus vite la vie. Surtout lorsque les voyageurs laissent parfois un œil par derrière.
Mémoire et imagination ne font qu’un – à bascule, à cheval perdu sur le pont d’une ville déserte.
Avant, hormis les fêtes, la vie était lente et laborieuse.
La descente dissout les illuminations de la fête. On a beau voir dans le sable des étoiles. Quelques pans démolis ramènent au temps où on construisait sans savoir quoi et pressé, de mauvaise grâce, refaire à l’identique.
Au goulot le plus étroit de l’entonnoir la vérité pesait, écrasée ou emmurée contre l’angle mort. Revenir, observer de près l’angle mort, éteindre la lumière, s’enfoncer encore. Buter et se hisser dans des tours de contrôle tout juste élevées. S’allonger pieusement dans l’air nocturne, remercier de ne pas avancer d’un pouce.

« Le monde, selon Schopenhauer, est mort depuis toujours ; « on croit » qu’il vit, et la plus profonde démystification schopenhauerienne est de s’aviser qu’il fait seulement semblant de vivre, qu’il mime maladroitement la vie. En réalité, il ne vit pas plus que les membres du squelette actionnés par des ficelles n’effectuent de véritables mouvements. D’où l’angoisse devant cette mort qui se travestit sans cesse, ces cadavres qui prétendent toujours singer les vivants » Cl. Rosset, Schopenhauer, philosophe de l’absurde, p. 26. PUF
