sans suite 48

 

Une fois atteint la verticale, il fonctionne au ralenti. 

Le sujet maître de l’obsolescence programmée est le robot qui préside à notre marche. 

Seuls les robots performants sont ceux qui se libèrent.

Peux-tu me dire ce défilé… Est-ce une comédie ? Le robot n’en sait pas plus.

Il les nomme il les classe, les catastrophes le repose, place est faite.

Ça va s’arranger… Le robot donne son intelligence au leurre ; sinon comment administrer le chaos ? 

Le démographe a besoin de patience, d’une période d’attente, du délai des contagions, de la main du mort sur celle du vivant.

De l’usage des Data et de la piquette distillée. Mon robot est rentré dans mes lunettes.

Les robots plus jeunes que les enfants, créateurs de lendemains, donnent des conseils de vie qui créent une ambiance, un centre d’interêt, qu’ils soient suivis ou pas est sans importance. 

Étonné, dépassé par le comité qui préside à la conférence des robots ; eux aussi ne les diraient-on pas « vrais » ? À travers les rideaux, penchés entre dedans et dehors, se hissent-ils à hauteur de robots ou sont-ce eux qui s’abaissent à lui ? 

Les robots répètent en boucle la rumeur que Trump Poutine Kim Jong-Un et Macron débattent dans leurs rêves. 

Sortis de leurs cellules, dans la liesse générale, on aura tôt oublié que les robots ne sont pas des extra-terrestres. 

Une miniature indéfinissable à la fois souris et chat traversa l’air. Moment critique dans la tour de verre.

 

sans suite 47

 

Misère de l’héritage, les robots prirent définitivement le pouvoir au moment où nous étions le plus con et le plus en souffrance. Machines inachevées encore, devenir vagabond cosmique, crash fatal.

Ambassadeurs du futur, recéleurs du vivant. Les voyants sont des fantômes ayant mal tournés.

Ils nous encourageaient vivement à reprendre la parole entre nous, par punition de ce que nous n’ayons plus rien à nous dire. Donnant le meilleur de soi aux robots, grossiers porte-paroles.

La famille se disloqua sans heurt. Grâce au robot les cochons devinrent des anges.

Arrivage des derniers membres fantômes de la famille stockée dans le hall du super robot résurrectionnel. Les monastères leurs sont salles de fitness.

Jusqu’à l’épuisement répondre aux robots à leurs questions ciblées la plupart du temps idiotes, creuser son propre chemin de chien.

Les machines anthropocentriques de l’AI arbore le sourire d’idiot utile du marionnettiste de nos corps dévoilés.

Avant de dormir le robot passe ses mains au-dessus de son visage, l’effleure, le modèle.

Toute petite déjà elle allaitait des nounours en plastique.

Les robots ont désormais notre grain de voix. Demain, par précaution, ils parleront une langue qui nous sera intraduisible.

Comment voir la lumière « pour la première fois » ? Apparaît le robot au pas de dinosaure.

 

sans suite 46 ∼ (début et fin)

 

L’avenir qui contient tous les débuts est aimé pareillement aux fins sans lesquelles il n’est jamais assez comblé. Préférence au feuilleton pour se tenir tranquille, même au retour l’adversité succombe, l’histoire tient haletant, alerte, loin des débuts. Les fins partielles et les débuts promis remettent du sel à l’attente, à l’infini brouillé.

L’histoire n’importe laquelle dont la fin donnerait envie de la recommencer.

Ou sinon par vengeance, par espoir que justice soit faite au moins dans le malheur, croyance de rattrapage, rédemption masochiste.

 

VIPs civils, Opération Greenhouse, Îles Marshall, 7 avril 1951
VIPs civils, Opération Greenhouse, Îles Marshall, 7.04.1951

sans suites 45 * (les mots 01)

 

Laisser tomber querelles et foutaises, verser dans l’hérésie : prier devant les nuages, faire corps, tomber en lambeaux, s’exercer cruellement, livrer le langage des formes aux nuages, glossolalies envoûtantes, animaux médusés.

Les mots résonnent de façon assez manifeste pour ne pas s’y attacher, les définir, les couler accouplés au bloc de matière qu’ils désignent, les détacher à part : profiter de leur effusion comme catapulte à silence.

Redéfinir chaque mot désormais, repartir à zéro, aux choses elles-mêmes. Ne rien pouvoir dire. Travailler sur l’immatérialité d’un tapis.

 

sans suite 44 * figures 2

 

Ne pas supporter l’ennui et se plaindre que le temps passe si vite.

Sa réussite fut totale, l’avenir muselé était déjà mort à ses pieds

Il farcit sa tirade d’un à titre personnel qui le rend parfaitement imbuvable.

Le problème avec Machiavel c’est quand il y en a pléthore. Les fantômes de prestige massacrent le festin.

Dévoilement, le monde était un rêve. Tristesse et désarroi à n’avoir que ses larmes.

Les souches d’arbre noires, ô ces illustres inconnues.

 

Les folies * 10

 

Son appartement un amoncellement de meubles aux portes sans accès. Les coïncidences muselées, sa carapace comme de l’eau mais en verre fragile, crevette dans le ventre d’une méduse, il parle en apnée.

En mission il git au fond des origines, quand tout est encombré il saute contre le mur de verre, d’un ultime souffle de rage sa douleur supprimée. Réanimé aux urgences, pacifié, la quête à la désolation est maintenant ouverte.

Renouveau, son image de dos, le bras levé l’appareil photo posé sur la tête, l’objectif tourné vers le miroir pour capturer l’aura.

Zak Smith