Parfois, quand je n’arrive pas à dormir, je me dis mon Dieu, vous nous avez donné les forêts immenses, les plaines sans limite, les horizons sans fond, et nous, qui vivons là, c’est des géants que nous devrions être. TCHEKHOV, La Cerisaie, acte II.
Auteur : roma
évaporation

Sur l’étale la pluie parle au poisson qui suffoque, la radio du pêcheur grêle, l’enseigne sur le parking de la grande surface clignote, le goudron transpire. L’œil sombre se couvre d’un voile laiteux. Le rêve de cette nuit qui le jour durant m’accrocha des ailes, demain m’engloutit.
aucune
Aucune pensée, aucune image, qui ne tienne, mais des flux confus pour tirer le rideau derrière quoi on est couché, suffisamment lointain pour fermer les yeux, réveillés parfois par ces besogneux aux ordres nouveaux. Un destin solitaire fougueux galope pendant que tu crois reconnaître de la poussière. La faucheuse est encore tombée.
embarras
S’enfonçant lourdement, très lentement, pour toujours. Au-dessus le ciel s’ouvrant, parfois, encore, pour se refermer sur soi, c’est déjà ça. Entrefilet où pousse un coin de terre, écoulement de vase entre deux eaux
avant après pendant
Nous étions là, aussi, sur la lancée dolente du matin, nous avions lu les journaux le lendemain sur la route des vacances qui ne nous avait jamais porté aussi loin du vacarme. Nous les avions le soir jetés au feu et des étoiles froides jaillirent du bois humide. À coté, au ruisseau, roulaient des petits cailloux de nuit et d’horizon évidés. Nous plongions nomades dans le jour d’avance, d’ici la reprise des hostilités.



