––– # 16

 

Par prophylaxie l’homme augmenté prétend se garder d’une proximité trop grande avec le robot qui le mange amusé de tant de fierté. À quoi bon parler après pareille indigestion ?

L’étude de la vie secrète sert à évaluer la marge d’erreur possible afin de performer ses métadonnées.

Les hypothèses quotidiennes afin de comprendre, ranger les causes sur ceci & cela, de pures illusions ; à l’heure de la pause enfin, de calmes hypothèses d’avenir détournent l’attention du pire qui arrive.

La dispute entre un aveugle et un sourd et muet voit son temps expirer. La solution finale met aux prises tout en même temps les catastrophes naturelles et l’extermination guerrière.

quelque chose ?

 

Comme d’un escalier la marche qu’on rate, sans tomber redécouvrir la légèreté de la verticalité, son équilibre, et telle qu’était la chose, un temps désorientée qui, apparue de loin se retourne et où la vue plonge, enfin à sa place, vue pour la première fois, petit événement avec d’autres parcimonieux, pourtant une à une choses de loin en loin toujours autres là à traîner, entraînées, parquées hors de vue, nuage enfoui. Vues donc comme pour la première fois et sitôt dédaignées, ratées, à la vue dérobées.

*

Champignons de mémoire

 

Les secrets, l’eau les oublie. Comme on aime se rappeler soudain les choses oubliées, on creuse à l’ombre les rives où raconter, une multitude d’horizons se superposent et la pensée déraille en souvenirs. La superstition pimente la vie. On ressort les tapis de lecture, l’intérieur d’une maison, la vue d’un trou dans la façade, de l’autre coté de la paroi le voyage prend fin.

La mémoire de l’eau est celle qui nous en reste, la partie noyée du chemin fait barrage.

La maison où tu vivais était chargée de ta mémoire au point qu’il n’y avait plus de place en toi pour voir quelle mémoire, collée à toi, comme la figure d’un corps entraperçu, elle te pompait quand bien même c’était entièrement tari. La mémoire partout, de telle façon qu’on y est plus, remplie de place pour les absents. À peine éloigné qu’on y revient.

 

raconter encore

 

Les premières histoires que nous écoutions furent celles racontées à propos d’inconnus que de loin, cachés nous épiions. Nous nous sommes donc habitués au mensonge qui est, dit-on, une méthode qui aide à se connaître. En quête de ce qui reste et de ce qu’on ignore, nous revenions nous échouer derrière cette cache pour raconter encore.

– # 15

L’attachement tient à des nœuds indémêlables, innombrables, le mur de lierres et de pierres soulève le toit, l’hydre décapitée.

Les flammes prennent existence par elles-mêmes. Entre ciel et terre, traces des passages, glaciers de feu, formes en magma, étincelles béantes au désert.

Pour passer de cet espace à cet autre, l’intervalle était à coté de la plaque, la réalité de l’espace qu’on s’imaginait était toute autre rencontrée, dure et plus transparente, plus haute ou plus basse, sans bord, sablonneuse, identique et non reconnaissable. Certains disparus s’obstinant à l’effacer.

La neige, les arbres, le thé, le corbeau étincelant.

Roma-mo

___________ # 14

 

 

Regarde bien en face, exercice à deux bandes, le reptile et la raison, impossible ensemble, ensemble impossible, indémêlable.

L’ensemble des points aveugles construit un mur de verre contre quoi on dresse les échelles.

On ne se rappelle pas les rêves sauf ceux comme telle scène télescopée qui s’isole clandestine d’un film presque oublié. Arbre fendu, racines à rêves débordants du fatras entier d’une vie, lierre sur d’autres arrachés qui auraient pu être, poussières d’offrande, éclairs éteints qui croulent sur le seuil, qui persistent et traversent la comédie électrique, lancés reposés sur surface plane d’écrans, sur les plus massifs navets qui ont fini par rendre fou, rêves redoublés dans les tranchées.

 

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Détection et enregistrement des plus infimes mouvements sur des surfaces qui comme tache d’encre s’étendent. Les mouvements de plus grande amplitude sont décrits avec la même précision, si ce n’est leur taille qui pose désormais question, un flou épais cachant ce qui les bordait autrefois. L’adéquation, la superposition, l’intrication du petit et du grand rend le pauvre borgne aveugle.

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