beau fixe

 

Lights in the Darkness via NASA
Particules énergétiques solaires brisées par le champ magnétique terrestre- NASA –  (Agrandir la photo!)

« Je ne veux plus rien du tout,  je veux commencer à jouer »

Günter Eich, le 16 déc. 1972, sur son lit de mort.

sans suite XXII

 

Matin venteux, au-dedans le silence plus sonore, en marge quelques mots détachés de phrases floues pas prononçables … clarté, brouillon – brouillon, éclat, brouillon, nuit, clarté … Papillons de nuit qui rejoignent la coque vide du matin, coque vide précieuse où entendre la nuit se coucher, coque utile dans un autre monde.

Lorsque nous nous arrêtions les reflets reprenaient, se multipliaient, abolissant le pas et le chemin faits.

Rares et court répits mis à profit en promenades pédestres, vagues exercices en apesanteur. Jusqu’aux longs congés qui ordonnent un repos total, un ailleurs immobile, où l’averse chaude rappelle à soi, retombe calmement.

Les cloches des villes sonnent dans l’ailleurs, dans l’hier et le demain, chavirent dans le corps, cognant au brouillard et aux bruits. Le dehors lui serait tout juste acceptable si ce n’était le vent qui le plaque dans la grotte.

L’odeur de la pluie lève le voile, le torrent, le vent, l’homme au-dessus comme une farce tragique, un encombrement, le silence lui-même n’y trouvant pas sa place.

Puis les chemins arrivaient nombreux, tous aux bords étroits, minuscules, d’une durée filandreuse et infinie; sur eux on distinguait en têtes les éclaireurs, très éloignés à cause de ce qu’ils étaient extraordinairement grotesques.

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qui ?

 

Dans les petites sucreries chéries qui se mangent toutes seules il y a l’histoire de la distinction de l’homme en tant qu’être de la langue. L’homme n’est pas un paysage facile à décrire de l’extérieur, il n’est pas un paysage.  Comme nous nous croyons parfois être à même de raconter le fil rouge de ce que sont nos décisions, les raisons les sentiments intimes qui nous y ont poussés, et qu’en même temps, nous sommes déjà dans l’incapacité de décrire à posteriori comment en être arrivé là (ni mieux éclairés quant à ce qui conduit à se poser de telles questions) alors par dépit nous concluons que « je est un autre » ; sinon d’avoir fait de l’aventure l’unique moyen d’être saisi par la vie, ou autre chose encore rendue à l’immobile, s’abandonnant à se laisser pousser une énième tête énuclée, recommencer, tout fout le camp.

"Nous roulons dans le futur en utilisant seulement notre rétroviseur."- Marshall McLuhan
          « Nous roulons dans le futur en utilisant seulement notre rétroviseur. » – Marshall McLuhan

quelle histoire au robot ?

 

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Maintenant que tout est prêt, quelle histoire raconter au robot ? — Un problème de mise au point et de focale persiste à propos de leurs yeux ; quelque soit la distance, réelle ou virtuelle, la macro seule fraye. L’opération qui consiste à juxtaposer, ordonner et ramener le champ du paysage dans une simultanéité souffre d’un tout léger temps de retard qu’on pense être une lenteur, une distorsion rétroactive. La question de la fixité démultipliée que son regard nous offre désespère : tout repenser sans savoir quoi devant la netteté, la clarté en tous points, le relief profond révélé… Nous bloquions à ce point désertés, dessourcés, à court d’informations.

Effet secondaire, son ombre quand il marchait c’est le paysage devant lui qui s’anime. Engagé et divisé, en apnée solitaire, il tente au crépuscule de freiner la plongée, scaphandrier au devenir poisson, au devenir vent. En grand fracas maintenant endormi dans les algues – il semble que le paysage en fasse sa créature. Contre cette créature en délibération frauduleuse dame nature se passera des hommes.

 

 

voyage, distances

 

En déséquilibre il doit accélérer, accélérer encore, jusqu’à ne plus pouvoir s’empêcher, tournoyer, lentement, par moment être debout, dériver aussi longtemps que possible, se découvrir avoir été passe-muraille, ralentir, ralentir, se heurter, sauvé.

*

Le milieu, le centre, l’attraction dévoreuse. Tu te fais pierre, rien n’y fait. Tu ne fais que passer, rien qui t’arrête, c’est le même jour que tu arpentes, tes nuits comptent les rondes que font tes pas, un scénario où impossible de ne pas se cogner aux mêmes briques molles et pourtant c’est plein jour.

*

Les rêves épuisent tout le temps, il manque des jonctions à la journée boiteuse, la nuit creuse, les rêves avalent.

*

Un bout d’espace est tombé dans le temps, les pôles tournaient, tu cherches le point initial, il y en avait tant.

*

Des lumières apparaissent, puis des formes, le monde offre un répit.

*

Allées qui montent et descendent imperceptiblement, s’enfoncent, longent des parois, parfois des surfaces plus étendues, creusées à leur fond, second étage en sous-sol, grosses lettres et chiffres du mur effacés, suivre le moindre effort. Du point fort éloigné d’une courbe, une île fendue.

*

Une ligne droite très fracturée, lente, encore lointaine, en chutes et hauts abimes, parcours d’épreuves où souhaits s’oublient sans trouver repos, sommeil en prélude homéopathique, la mort n’est rien quoique sauvage.

*

La mort n’était rien, absolument rien, si la plainte, la souffrance ou la tuerie de masse ne la précédait.

*

Se rapprocher de la plus petite distance, dans le cercle s’arrondir. Entrer dans le cercle doux, accueillant, rencontrer réseau de plis, de vides autour des angles.

 

penelope-umbrico-2013

retour au bercail

enferme-dehors
de l’intériorité.
la-fleche-du-temps
la flèche du temps.
sans-parvenir-a-disparai%cc%82tre
sans parvenir à disparaître.