La nuit du mercredi au jeudi après la Pentecôte [7-8 juin 1525 ], je vis en rêve ce que représente ce croquis : une multitude de trombes d’eau tombant du ciel. La première frappa la terre à une distance de quatre lieues : la secousse et le bruit furent terrifiants, et toute la région fut inondée. J’en fus si éprouvé que je m’éveillai. Puis, les autres trombes d’eau, effroyables par leur violence et leur nombre, frappèrent la terre, les unes plus loin, d’autres plus près. Et elles tombaient de si haut qu’elles semblaient toutes descendre avec lenteur. Mais, quand la première trombe fut tout près de terre, sa chute devint si rapide et accompagnée d’un tel bruit et d’un tel ouragan que je m’éveillai, tremblant de tous mes membres, et mis très longtemps à me remettre. De sorte qu’une fois levé, j’ai peint ce qu’on voit ci-dessus. Dieu tourne pour le mieux toutes choses. Journal de Dürer
Auteur : roma
encombres fantômes
Les gens sont en effet las d’entendre parler. Ils ont un profond dégoût des mots. Car les mots se sont interposés devant les choses. L’ouï-dire a absorbé l’univers. Les mensonges infiniment complexes de l’époque, les mensonges rancis de la tradition, les mensonges des administrations, tout cela est posé sur notre pauvre vie comme des myriades de mouches mortellement pernicieuses. Nous sommes en possession d’un affreux procédé pour étouffer entièrement la pensée sous les concepts. Il n’y a quasiment plus personne en état de se rendre compte de ce qu’il comprend et ne comprend pas, de dire ce qu’il éprouve n’éprouve pas. […] l’enchaînement fantomatique des mots triomphe de la force oratoire native des hommes. Ils parlent alors constamment comme des « rôles », dans des sentiments illusoires, des opinions, des convictions qui font illusion. Ils parviennent carrément lors des propres événements de leur vie à être constamment absents. Hugo von Hofmannsthal, Lettre de Lord Chandos et autres essais, Gallimard (« Du monde entier »), 1980, p. 42
l’apparence d’un jour
de ce qui passe arrive arrivera serait arrivé
troïka attitude
» Il faut encourager dans les secteurs privé et public une culture de transparence et de bonne gestion qui favorise la délation dans l’intérêt du public « (proposition de loi du gouvernement grec 2013)
Dans les tuyaux du prompteur pulse la pensée positive, inauguration béton — « On ne vous en voudra pas puisque vous n’avez jamais rien compris — et nous, et nous dirons, nous dirons nous, les uns les autres, les uns aux autres, aux uns les autres — que personne n’a à s’en vouloir – ou bien, que nous sommes tous complices, fautifs – arrivés là comprenons que nous avons besoin de tous — le compromis étant impossible, notre devoir est d’obéir — nous avons tous été dépassé — nous vaincrons « .
highest
L’homme apprendrait de lui-même en multipliant les connaissances qu’il acquiert de lui-même, avec l’aide du calque de l’idée de dieu, c’est selon. Un peu orphelin de la technique et planant exaucé sur des prothèses d’images 3 D, toutes reçues pêle-mêle d’un même conduit, nous nommons l’évolution science, ouvrant le soir désorientés les pages « sciences de l’homme » où le dernier chercheur est tenu en laisse par ses outils. Peu à peu la nature récupère son dû, le temps ne lui est rien, lors d’une quelconque croisée le massacre est inéluctable. Le miroir brisé sous nos yeux nous ne comprenons pas mieux. Nous voyons comme nous respirons, nous aimons être à l’unisson de ce que nous regardons, les décors naturels nous rendent humbles, l’hallucination est un mode de locomotion remarquable pour l’équilibriste sur les lignes tirées droites au sol. L’homme s’est fait catastrophique avec son milieu, méticuleusement, laborieusement, à la gloire enviée du guerrier rentier, et dans l’écart d’une trop rare troisième mi-temps, par goût délibérément transgressif. Le rire qu’il dit son privilège n’est jamais si jouissivement nécessaire, saisi, ailleurs que dans les rassemblements, une moderne taverne de montagne perchée en suisse centrale sous la neige sera son nid. Des files d’attente de fidèles avachis derrière les vitres guetteraient le bon mot de n’importe quel crétin qui arbore un air de suffisance ; d’un speech le bon mot estoqué lève un rire entendu reconnu partagés de tous, apothéose ventriloque au dessert où se rafraîchit la mémoire parmi les yeux brillants. N’importe quel habile crétin unanime démultiplie les casquettes, le plaisir d’investir est infini. Les paris redeviendraient du vent que nous le trancherions d’un coup de sabre, notre tête dût-elle rouler.
ball-trap
ruiné au casino. les rideaux sont réserves à lassos. le futur a gueule couleurs sépias. la mer s’écoule à nos pieds comme un tapis déplié aux fleurs bleues vénitiennes. le ciel abaissé chatoie sur la terre inespérée, nos foulards légers comme l’air. les papillons de cire sentent bon. des armées d’enfants posthumes s’allongent sous la tendresse lunaire. le lait caille dans le ventre des femmes. la malle du seigneur baille une fosse béante. les débris exhumés stupéfient. les rêves tanguent à la vitesse des vents contraires. sous le couperet des trilogies promises avorte le malheur. les secrets amusements finissent mal




