l’impatience, la paresse.

 «Il est deux péchés capitaux humains dont découlent tous les autres : l’impatience et la paresse. À cause de leur impatience, ils ont été chassés du Paradis. À cause de leur paresse, il n’y retournent pas. Peut-être n’y a-t-il qu’un péché capital, l’impatience. À cause de l’impatience, ils ont été chassés, à cause de l’impatience, il n’y retournent pas».

F. KAFKA, Considérations sur le péché, la souffrance, l’espérance et la vraie voie (in Journal intime, p. 247-248)

grenier du blockhaus

Le métronome flanchait, le thé avait l’âcre odeur de terre, les cailloux chantaient dans la passoire les sourires éclatant des sirènes, les premiers coups de hache signalaient le matin, la terre avait brûlé, les ravines apparues descendaient les pentes sous l’escorte des nuages. La musique se perdait comme une parenthèse d’éveil au creux de l’oreiller, une boite close dans ma tête inondée par le vent lunaire, recueillie dans un noyau de silence, fétu de paille dans la hiérarchie inextricable des sphères.

L’étrange histoire de Peter Schlemihl

Rosset 1 Impressions fugitives 4Rosset 2 impressions fugitives 1 08-39-15Rosset 3 Impressions fugitives 2 08-39-15Rosset 4 Impressions fugitives 3 08-39-15Rosset 5 Impressions fugitives 4 08-39-15

*

L’Homme sans ombre est un film d’animation réalisé en 2004 par le réalisateur suisse Georges Schwizgebel.

conférence sous météo floue

Nuages Mammatus,TexasC’est avec une facilité déconcertante qu’il éteignit internet. Pendant quelques secondes un bleu pâle aveugle persista dans la rétine, la pièce en étant inondée, alors que le fond d’écran jaune venait de disparaître. A contrario de la prévision météo du jour était un ciel blanc à l’heure du levé, disons gris-clair, brassé et flou– un fort soleil probable par-delà l’épaisse couverture humide délivrant cet air doux, constant, proche et lointain.

Invité à parler de longue date il arriva, et soudain ne sachant plus quoi penser (il y avait plus que de quoi) une hypothèse se présenta, saisie aussitôt –  la bonne, puisque chacun des petits groupes desquels il s’approchait la reprit, l’allongea à sa rose sauce en coeur. A part soi il pensa qu’il y avait là l’occase d’une subside ad hoc, aubaine qui l’éloigna du rivage en toute innocence, invisibilité à venir. L’hypothèse prit l’allure d’une conviction collective, bien que, ou justement per causa de, née et reposant sur si peu, surfant sur le vent, tordant à sa guise la réalité et lui ressemblant mollement, la diversifiant, l’approchant, donnant une gueule à chacun. Peu à peu les langues se délièrent et, comme il s’apprêtait à s’éclipser, le terrain tout autour s’affaissa et nous glissâmes le long de la paroi qui s’éloignait. La résolution peut-être commençait.

«… the nothing is the something… »

Margin Call, film américain écrit et réalisé par J. C. Chandor (2011) À propos de ce film, chez Jorion, cet article « lisible » de Pierre Sarton du Jonchay : La plus grande arnaque juridico-mathématique de tous les temps, ou encore par le trader défroqué lui-même « Margin Call: c’est pas du cinéma »

+

The Last Days of Lehman Brothers, dir. Michael Samuels (téléfilm, Royaume-Uni, 2009), diff. BBC, 9 septembre 2009, dans le cadre d’une série d’émissions intitulée « Aftershock », un an après la chute de Lehman Brothers.

____________________________________________________________________________

Economiste, cela n’existe pas, selon Jean-Luc Godard, entretien.

principes véridiques

Chen Jiagang 陈家刚 1« On ne peut mieux exposer l’horrible mystère des choses et de l’existence universelle (…) qu’en déclarant insuffisants et même faux, non seulement l’extension, la portée et les forces, mais les principes fondamentaux eux-mêmes de notre raison. Ce principe, par exemple – sans lequel s’effondrent toute proposition, tout discours, tout raisonnement, et l’efficacité même de pouvoir en établir et en concevoir de véridiques -, ce principe, dis-je, selon lequel une chose ne peut pas à la fois être et ne pas être, semble absolument faux lorsqu’on considère les contradictions palpables qui sont dans la nature. Être effectivement et ne pouvoir en aucune manière être heureux, et ce par impuissance innée, inséparable de l’existence, ou plutôt : être et ne pas pouvoir ne pas être malheureux, sont deux vérités aussi démontrées et certaines quant à l’homme et à tout vivant que peut l’être aucune vérité selon nos principes et notre expérience. Or l’être uni au malheur, et uni à lui de façon nécessaire et par essence, est une chose directement contraire à soi-même, à la perfection et à sa fin propre qui est le seul bonheur, une chose qui se ravage elle-même, qui est sa propre ennemie. Donc l’être des vivants est dans une contradiction naturelle essentielle et nécessaire avec soi-même. » In Clément Rosset, Le Principe de cruauté, (p. 25)– citant Leopardi (in Zibaldone)