bruits

Ils ne reconnaissent rien, ils s’accrochent à la première prise, s’ingénient dans des joutes à rassembler le nombreux auditoire promis. Chaque jour croît la forêt et les invasions invisibles de plus en plus bruyantes désorientent l’avancée sourde des gardes qui défrichent le chemin. Les joutes convoitent un cocktail immiscible de passions et de programmes sur des ruines qui les dégradent.   Dans l’impasse, sans voix la langue quitte sa maison pour se précipiter dans les miroirs glacés de la « Moralisation » ; l’hypocrisie, l’infâme, l’obscénité, le cynisme, la mécréance y seront médusés. Le bâillon pour les aveugles.

(Damon Winter) des mots des actes

bazar

Cornell Capa © International Center of Photography USA. New York. Bronxville. 1959. Jack and Miriam in bed in Bronxville, watching Jack's show.L’histoire a des autoroutes si longs et apparemment si droits qu’on n’en voit pas les courbes. Quelque soit la vitesse l’arrivée ne vient pas. À marcher on trouverait des ravines, et sous l’orage qui aveuglait des crues. Au bout dit-on, à l’ombre des paradis fiscaux on sirotait pendant que les palmiers commençaient à griller, on fêtait l’agonie du capitalisme, son apogée, sa théorie du ruissellement, tant qu’à durer, des troupes brouillant les limites du légal afin de vendre la dette en tant que valeur morale, simple, normale.   Dans les tunnels des promesses étaient faites avec musique produits et rires dans les radios, puis annoncé de plus loin par la KCNA, l’agence centrale de presse nord- coréenne « Le moment de l’explosion approche rapidement. Personne ne peut dire si une guerre va éclater ou non en Corée, ni si elle va éclater aujourd’hui ou demain (…)  L’opération impitoyable des forces nord-coréennes a été définitivement examinée et ratifiée”.

Des branches cassent comme d’hab’ mais plus grosses, plus fatales. Cahuzac prendrait son mal en patience à n’être pas seul, la confusion ajoutant à la confusion, le temps que les innocents, qu’on dépouille de leur anonymat, rassemblent une opinion muette. Est-ce un soufflet ? – Offshore Leaks: voici l’enquête internationale. On attend les révélations ce week-end.

Car alors Cahuzac viderait son sac, se mettrait à table, cerise sur le gâteau ivre d’orgueil jaillie, sa lâcheté lavée en trois fois rien, vase communiquant, un truc-troc hargneux de ripoux contre justicier, sans repentir, égrainé d’une colère froide, écrit en taule, dont il sortirait, en même temps que le bouquin genre « ombres et lumière » « mensonge et vérité »  grandi de la fortune liberté au fond du tunnel — car le monde sera le même, augmenté du confessionnal de verre dont nous observons si religieusement la foire, dehors tout s’y confond, il n’y a déjà plus rien à voir.

danza ritual del fuego

 

les dernières pages de « Fantasmagories,  suivi de Le Réel, l’Imaginaire et l’Illusoire » Clément Rosset,  Ed. Minuit, collection « Paradoxe »

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les feux de l’amour

Où, dans quel nid de l’histoire le camarade Kim Jong retrouve t-il son almanach? chaque jour une nouvelle page rafraîchit l’épique épopée, le trône glisse sur le toboggan, s’accordant au vent et aux retournements étonnants. Le ciel va comme une barbe à papa se manger à pleine main.

nid tornade
nid tornade
(gauche): Se battre pour la récolte »  -  (droite) Que fleurisse le patriotisme par notre Kim Jong
« Se battre pour la récolte » ↭ « Que fleurisse le patriotisme par notre Kim Jong »
échouage des baleines mécaniques
échouage des baleines mécaniques
expérimentation pélagique
expérimentation pélagique
avenir des dimanches
avenir des dimanches
image de la lune
image de la lune

camarade du no man’s land

l’âne puise l’eau noire, ruisselle, s’étoile contre la roche. cheval sans illusion d’une lucidité douce et farouche, au calme souverain, sans sujet, dieu sans hommes – au calque de ses paupières tombe une vieille neige, temps anciens venteux qui n’en finissent pas – des retraites dans la grotte à ciel ouvert, aux chemins creux de granges vides aux portes manquantes, aux sceaux percés, au soleil de midi des quais désaffectés, au passage des corbeaux, aux traverses de poussière grise des brindilles du clinamen – se hisse au ciel, au paradis des ânes, d’une grammaire de guingois sur un banc de nuages éphémères, majordome d’aube trouée des geishas évanouies, au trot des pieux de ballerines, l’âne chie nos carrosses, désole nos mains, broute les dévots, console des âmes en peine, referme les yeux éteints, mêle son haleine à la nôtre, hurle ce qu’un muet rêverait d’entendre sans comment dire, clairon bip-bop des lunaires arlequins à recracher le silence, évadé des désillusions, passeur des regrets inutiles, veilleur d’un œil au creux des crépuscules, des ombres sans bras de la nuit, des décisions diurnes, précipitées, soudaines, irrévocables, brèves des somnambules, des vertiges de Bartleby étendu au dos de Pancho Villa, d’ivresse rude des fruits pourris fermentés sous l’arbre des sarcasmes et des risées, du sérieux le plus grand.

Au hasard Balthazar

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//  Journal d’un curé de campagne (1951)

//  Un condamné à mort s’est échappé (1956)

//  Pickpocket (1959)

//  Mouchette (1967)   

//  Quatre nuits d’un rêveur (1971)