camarade du no man’s land

l’âne puise l’eau noire, ruisselle, s’étoile contre la roche. cheval sans illusion d’une lucidité douce et farouche, au calme souverain, sans sujet, dieu sans hommes – au calque de ses paupières tombe une vieille neige, temps anciens venteux qui n’en finissent pas – des retraites dans la grotte à ciel ouvert, aux chemins creux de granges vides aux portes manquantes, aux sceaux percés, au soleil de midi des quais désaffectés, au passage des corbeaux, aux traverses de poussière grise des brindilles du clinamen – se hisse au ciel, au paradis des ânes, d’une grammaire de guingois sur un banc de nuages éphémères, majordome d’aube trouée des geishas évanouies, au trot des pieux de ballerines, l’âne chie nos carrosses, désole nos mains, broute les dévots, console des âmes en peine, referme les yeux éteints, mêle son haleine à la nôtre, hurle ce qu’un muet rêverait d’entendre sans comment dire, clairon bip-bop des lunaires arlequins à recracher le silence, évadé des désillusions, passeur des regrets inutiles, veilleur d’un œil au creux des crépuscules, des ombres sans bras de la nuit, des décisions diurnes, précipitées, soudaines, irrévocables, brèves des somnambules, des vertiges de Bartleby étendu au dos de Pancho Villa, d’ivresse rude des fruits pourris fermentés sous l’arbre des sarcasmes et des risées, du sérieux le plus grand.

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