« l’espoir entretient le rebond » (ex-nouvelle boursière)

Fin d’après-midi dominicale plutôt douce dans le squat de ce qui fut le Palais Brongniart, notes de Kind of Blue tandis que la neige descend du dôme.

matricules d’un chemin de croix

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les embarras de « l’âme » – la frénésie des ventes flash – la success story de l’industrie du luxe –
le no man’s land à prix coûtant

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banalité du mal

1937, un été en Allemagne nazie

(Réal. Michael Kloft -Images Julien Bryan – Musique, Irmin Schmidt du groupe Can)

Hier n’avait pas alors son récit, son épilogue, plus beau toujours plus beau, sa défaite, on fit dire à la mort qu’elle n’existait pas, qu’elle se dénude dans la propreté immaculée du tortionnaire, du coltinage vertueux qui a eu ses vrais petits éclaireurs, ses niqueurs philosophiques, la lourdeur planquée dans le reflet ciré des bottes où la lumière sur le pavé trouve son éclat au pas de l’oie. L’homogénéité est un rêve, le corps d’un peuple sa fiction, l’élection son dérèglement qui entraîne, façonne peu ou prou une violence collective. La lourdeur rapproche les cœurs muets et raconte ses miracles. Les roses sentaient au vent, les bords s’éclaircissaient, la crème du lait au ciel avait du rosacé, le lointain dormait dans les bras de berceuses hystériques. On tournait autour de cochonneries. L’odeur du savon, la vue du linge blanc repassé, le cheveu masculin frais coupé, le cirque d’une swastika aux chapeaux mollassons, tresses féminines dorées douces sur les joues, les autoroutes au grand air planifiant l’avenir, d’avance rechapé, la meute dominicale des ayants-droit en glandouille, ficelés avec une maladroite assurance dans des habits aux odeurs de naphtaline, le chemin profondément goudronné avec de vrais trottoir, la ferme des grands-parents rasée achève le temps qui ne passe pas.

bille en tête

La vallée qui s’offrait aux yeux avait été nettoyée de sa forêt, les bêtes sauvages elles devenues entités à histoires supposées. On imagine un lac. Nous arrêtions notre course à  l’émerveillement des danses papillons – notre goût des chenilles s’exhaussant d’une abstinence militante. Nous remontons le temps, pas de problème. Au réveil café clope internet avec « la voix de la Russie » : en Sibérie orientale est né l’espoir de réussir le clonage d’un mammouth dont la corne découverte a gardé de la moelle des cellules au noyau bleu, ce serait le treizième animal cloné. Encore : « En Russie, la théorie de l’origine extraterrestre de la vie a été justifiée par les scientifiques de l’Institut de la spectroscopie de l’Académie des Sciences de Russie ». La Russie à des airs pendant d’un Mac Donald endurant, son esprit révèle aux rêves l’excellence du peuple qui valse à sa vie somnambule. Un chemin! enfin nous aurons le temps, d’ores et déjà occupés aux préparatifs, aux déménagements, aux transferts des zones clefs, aux costards polaires, à la mécanique des réparties, aux néons des souterrains qui clignotent à l’approche de nos vacances éternelles.

Il était déjà tard, la lumière boréale empêchait de dormir, et des bruits, qui était-ce ? plutôt que se retourner vers l’entrebâilleur et le judas, derrière le rideau de fenêtre soulevé il vit le clocheton en demandant à voix haute « qui est-ce ? », et bien que redemandant, une deuxième fois, assez, l’attente fut interminable – heureusement il y eut le coq ou l’angélus, qu’importe. Les bruits du jour sont identiques, ces temps les gens sont nerveux, sans queue ni tête, et plusieurs grimaçant ont hésité à s’extraire de leur auto-mobilité en coller une à un quidam – alors que ce cosmonaute, homme lisse et limpide incarné, enfin, star libérée de la gravité aquatique, voltige en rotation, qui pas à pas feutré avec le vertige, nous conduit.

image 2

Les baigneuses du Lido de Paris, vers 1930. Onde stationnaire, en attendant de disparaître, fleurs, bordure, bordure de fleurs nocturnes aux reflets incertains, pelote froissée de lucioles, venue lente et soudaine étincelle – une estrade, un filet invisible, un hamac ici-même, les hublots fatigués ouverts, alizés, la croisière orbitale des hiboux, les squares les landaus vides. 1936, descente au cabaret, étoffes ajourées, Titanic bétonné, corps à plumer.

Coucou Mozart, coucou Chopin, bonjour le jazz,Arturo Benedetti Michelangeli,1957 –Second mouvement Adagio Assai du Concerto pour Piano en Sol Majeur de Maurice Ravel. Philharmonia Orchestra/Ettore Gracis – London March

journal d’images

Art du spectacle, camouflage, camarades, l’illusion s’y console d’avoir des questions sans réponse. Les enfants courent, nous aimons faire des galipettes. Même les arbres réconfortent de voler comme des palmiers, les hélices de l’avion tissent une onde de silence pendant qu’on fume mains dans les poches