banalité du mal

1937, un été en Allemagne nazie

(Réal. Michael Kloft -Images Julien Bryan – Musique, Irmin Schmidt du groupe Can)

Hier n’avait pas alors son récit, son épilogue, plus beau toujours plus beau, sa défaite, on fit dire à la mort qu’elle n’existait pas, qu’elle se dénude dans la propreté immaculée du tortionnaire, du coltinage vertueux qui a eu ses vrais petits éclaireurs, ses niqueurs philosophiques, la lourdeur planquée dans le reflet ciré des bottes où la lumière sur le pavé trouve son éclat au pas de l’oie. L’homogénéité est un rêve, le corps d’un peuple sa fiction, l’élection son dérèglement qui entraîne, façonne peu ou prou une violence collective. La lourdeur rapproche les cœurs muets et raconte ses miracles. Les roses sentaient au vent, les bords s’éclaircissaient, la crème du lait au ciel avait du rosacé, le lointain dormait dans les bras de berceuses hystériques. On tournait autour de cochonneries. L’odeur du savon, la vue du linge blanc repassé, le cheveu masculin frais coupé, le cirque d’une swastika aux chapeaux mollassons, tresses féminines dorées douces sur les joues, les autoroutes au grand air planifiant l’avenir, d’avance rechapé, la meute dominicale des ayants-droit en glandouille, ficelés avec une maladroite assurance dans des habits aux odeurs de naphtaline, le chemin profondément goudronné avec de vrais trottoir, la ferme des grands-parents rasée achève le temps qui ne passe pas.

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