L’étrange histoire de Peter Schlemihl

Rosset 1 Impressions fugitives 4Rosset 2 impressions fugitives 1 08-39-15Rosset 3 Impressions fugitives 2 08-39-15Rosset 4 Impressions fugitives 3 08-39-15Rosset 5 Impressions fugitives 4 08-39-15

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L’Homme sans ombre est un film d’animation réalisé en 2004 par le réalisateur suisse Georges Schwizgebel.

principes véridiques

Chen Jiagang 陈家刚 1« On ne peut mieux exposer l’horrible mystère des choses et de l’existence universelle (…) qu’en déclarant insuffisants et même faux, non seulement l’extension, la portée et les forces, mais les principes fondamentaux eux-mêmes de notre raison. Ce principe, par exemple – sans lequel s’effondrent toute proposition, tout discours, tout raisonnement, et l’efficacité même de pouvoir en établir et en concevoir de véridiques -, ce principe, dis-je, selon lequel une chose ne peut pas à la fois être et ne pas être, semble absolument faux lorsqu’on considère les contradictions palpables qui sont dans la nature. Être effectivement et ne pouvoir en aucune manière être heureux, et ce par impuissance innée, inséparable de l’existence, ou plutôt : être et ne pas pouvoir ne pas être malheureux, sont deux vérités aussi démontrées et certaines quant à l’homme et à tout vivant que peut l’être aucune vérité selon nos principes et notre expérience. Or l’être uni au malheur, et uni à lui de façon nécessaire et par essence, est une chose directement contraire à soi-même, à la perfection et à sa fin propre qui est le seul bonheur, une chose qui se ravage elle-même, qui est sa propre ennemie. Donc l’être des vivants est dans une contradiction naturelle essentielle et nécessaire avec soi-même. » In Clément Rosset, Le Principe de cruauté, (p. 25)– citant Leopardi (in Zibaldone)

« Avant le venin, le serpent glace le sang dans nos veines » *

(* – Bachelard, La Terre et les Rêveries du Repos, Paris, Corti, 1948, p.296)

«II nous semble qu’on (pourrait découvrir) une véritable ligne de force de l’imagination. Cette ligne de force partirait d’un pôle vraiment vital, profondément inscrit dans la matière animée, — elle traverserait un monde de formes vivantes réalisées dans des bestiaires bien définis, — puis une zone de formes essayées comme rêves expérimentaux [ . . . ] , — elle aboutirait enfin à la conscience plus ou moins claire d’une liberté presque anarchique de spiritualisation. Tout le long de cette ligne de force, on doit sentir la richesse de la matière vivante; suivant le stade de la métamorphose, c’est la vie sourde qui brûle, c’est la vie précise qui attaque, c’est la vie rêveuse qui joue et qui pense.» Bachelard, Lautréamont. Éditions José Corti, 1951., p. 179-80

m’engager dans rien

Alberto Giacometti. Paris 1965

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UN HOMME PARMI LES HOMMES : ALBERTO GIACOMETTI (J-M. Drot, 1963, 52. -mn)

« je ne veux m’engager dans rien (…)  tenir les mains toujours complètement libres dans l’air, n’entrer dans aucune écorce, ne toucher à rien du moins directement, que les choses viennent avec des pieds muets, d’elles- mêmes elles entrent sans que j’entende aucun éclat de porte qui s’ouvre et se ferme, aucune ligne droite, aucune blessure, je ne les toucherai pas. » (1933) A. Giacometti, Ecrits, Hermann, 2001, p. 161.

« […] j’ai fait un immense progrès, maintenant je n’avance qu’en tournant le dos au but, je ne fais qu’en défaisant. » Alberto Giacometti, « Notes sur les copies », Écrits, ibid., p. 97.

pas de retours

Columbus Circle, New York City 2005  Joseph  O. Holmes

La ville existe et elle n’a qu’un secret : elle ne connaît que des départs, elle ne connaît pas de retours.  

 Italo Calvino, Les villes invisibles.

cercles de sable – sable Blanc

Tout est inutile, si l’ultime accostage ne peut être que la ville infernale, si c’est là dans ce fond que, sur une spirale toujours plus resserrée, va finir le courant. Et Polo: l’enfer des vivants n’est pas chose à venir; s’il y en a un, c’est celui qui est déjà là, l’enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d’être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart: accepter l’enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. La seconde est risquée et elle demande une attention, un apprentissage, continuels: chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas l’enfer, et le faire durer, et lui faire de la place. /  Italo Calvino, Les villes invisibles p. 189