étales de l’immortalité

nuit, nuages ​​d'orage sur la Californie du Sud.L’extension de la prédation humaine avance sur des terres désertifiées. Vue à la lumière du jour, derrière l’épais hublot de l’avion, la terre semblerait paisible, le journal qu’on lit serait comme la page arrachée du calendrier, « ce qui doit être fait », « ce qu’on est », patience de l’azur, chair pauvre et rêveuse du corps céleste, poursuite du vent. Puis on passe à la nuit percée de circuits électriques, d’écailles gelées, l’avion s’engouffre dans un tunnel obscur, les réacteurs sifflent, nous nous posons. Plus furtif et imprévisible que l’animal ou la nature, l’homme se transporte où il rêve de ne plus s’échapper: le spectateur attend la lumière, qu’une foule reconnaisse en lui un vrai témoin, avant de se crever les yeux. Avons-nous toujours été aussi égarés ?

infusion

"Les petites gens" propagande électorale. Allemagne 1932

«Dans un magasin de jouets, j’ai vu un ballon pour enfants sur lequel on avait imprimé une croix gammée. Un tel ballon aurait-il sa place dans ce lexique ? […]. La question de la délimitation de la LTI m’a constamment préoccupé » (LTI, la langue du Troisième Reich, Victor Klemperer, p 57. Éd. Presses Pocket, coll. Agora, 1998).

Les animaux, « il ne leur manque que la parole » mais peut-être alors faudrait-il les bâillonner et voir si une jus plus onctueux en sort. Préférons la lignée inoxydable des objets, puisque qu’ils semblent nous appeler. L’étendue de leur reproduction machinique sidère, un message les enserre par la seule profusion de ceux s’y identifiant, une attache magnétique, nous leur ressemblons. Sans nature les objets empruntent aux images, la langue de l’Un est muette. Ainsi nous devenus leur chose, ils parlent par nous qui les convoitons. Les objets survivent de l’héritage en pièces, une langue morte, entre la brocante et le centre aérospatial. Les objets illuminent les étoiles éteintes.

tripálĭum

J’ai eu très longtemps de la difficulté à m’adresser à des collègues et plus généralement à des gens au travail. Je supporte toujours aussi mal le travail, le temps perdu, mais j’ai définitivement renoncé à le prendre au sérieux. Ainsi j’échange maintenant comme avec moi-même tout en constatant un dédoublement, qui m’accompagne, que je vois disparaître pendant que je m’assieds sur le banc.

Sebastião Salgado  En remontant la Serra Pelada mine d'or, Brésil, 1986.

point un

l’été va se coucher, il a grêlé hier, un quart-d’heure, la température a chuté, 10 °, en quelques minutes. la pluie est tombée, des pluies record diront les bulletins, la nuit est venue plus tôt, l’électricité, en panne.

Jorion est en forme: guerre, valeur. conscience – intention & volonté. émotion. affect – percept – concept. la boucle est bouclée, essayer d’y comprendre quelque chose, détrôner les notions de valeur, d’intention & de volonté. sa vidéo tombe à point  À NOUVEAU AU SEUIL D’UNE GUERRE MONDIALE 

classement d'importance
classement d’importance, les miettes du festin

point zéro

La galère est collective. Vous l’avez construite, nous y sommes ensemble, mais vous ne pouvez par régner sur les eaux où nous naviguons (…) Pourquoi faites-vous, comme s’il y avait besoin d’un capitaine, d’un barreur, d’un second et de matelots ?

Imre Kertész, Journal de galère, p 51 ( Actes Sud )

C0051 - Untitled, Southern CA - 2011

flashback

Alors qu’on devrait plutôt dormir on laisse filer le rouleau compresseur des lumières tailler les sillons d’une mémoire morte, à rêvasser aux volutes aux lueurs des bougies par la suie qu’elles ont laissée. On serait retourné d’un seul coup tout comme les sceaux de sable pour enfermer la nuit, arrêter le temps, revenu au dernier moment où disparaître, planqué, quand on apprivoisait la nuit.

La jeunesse aurait bronzé dans des îles souterraines sous ces flashs à l’écart. Cycliquement un spéléo était happé en remontant le temps, se cognant, coupé net aux cordes d’eau. Impossible de faire sauter le coffre, ni derrière cette porte faire taire les chiens hors d’eux.

Quand la scène se met à tanguer, chacun comme un seul se tait, on croit voir un ruisseau, une voie d’eau résonne dans la salle obscure, on dégoupille les lampes des projecteurs, en attente que le calme ait léché la rosée.

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TWR72 – Tunnel