cloches des profondeurs

 (merci Guy-Frank pour le lien!) 

Werner Herzog abhorre le « cinéma vérité », un cinéma « d’experts comptables » qu’il dit ressembler, dans sa déclaration dite du Minnesota « à des touristes qui prennent des photos au milieu des ruines antiques des faits ».

Kitzeh, ville sans cesse assiégée, anéantie lors des invasions Tartares et des Huns, puis sauvée, dit une légende de printemps, par un archange l’ayant engloutie au fond du lac sans fond. Depuis, ses habitants immortels chantent des hymnes et sonnent les cloches, suspendues en anneau par le clochard de l’aube, à cravate Lacanienne, Yuri Yurevitch Yurieff, orphelin à deux ans, qui carillonne, ébrèche la glace, ouvre le passage au ciel que le courant disperse. La vérité perdue repose dans ce lac d’où le territoire s’étend en frontières mosaïques. Le communisme y flotte en poussière nocturne d’amours ratés dans l’orbe terrestre parmi la rouille des satellites. La nuit s’écoule au pied d’un cyclone inversé.

« Bells From The Deep » – Вернер Херцог – Les Cloches des profondeurs – Foi et superstition en Russie. (version complète. Film documentaire de 1993 écrit et réalisé par Werner Herzog).

usure

réussir

L’homme fait de sa vie une prison dont il se sauve, s’en faisant le gardien. Toutefois sa vie se défait dans l’angoisse croissante d’en perdre les clefs.

J. Krishnamurti, D. Bohm, J. Hidley et R. Sheldrake à Ojai

inséparable fantôme

La vie privée de joie persévère à croire au bonheur dont le reflet et la disparition s’entremettent, le bonheur pourrait avoir n’importe quel prix, subsume qui peut la vie. Le souvenir long et phantasmé de la joie a pour contentement jour après jour de couvrir la réalité amère répétitive de plans, de résurgences supposées, dépliées en formules, vouées, qu’importe, à l’échec, il s’agit de préserver le pas d’avance gagné. À cheval sur un organisme quelconque, étaler sa peau, parler à nos amulettes déforcées, bibelotées, notre attente confiante a pour elle tout son temps. De loin notre héroïsme attise le buisson ardent de la mémoire et avale toutes les ombres. Nous travaillons pour le passé, y cherchant une silhouette, pour ne pas tomber, la promesse est renouvelée, une fois encore toutes les disgrâces sont effacées, nous creusons des galeries plein ciel, l’origine dont nous nous serions émancipés se répète. La promesse est une figure de voltige.

Mika Vainio & Joachim Nordwall « Cérémonie d’alliage », musique à chenilles d’acier & boue et tête un peu lourde penchée, juste ce qu’il faut de lumière, oui, entrez silence;

 

glacé

Sortie d’été trempée des pluies. Ponts à la dérive. Le géomètre des saisons redistribue les déclivités, l’hiver remonte aux sommets, veine et creuse l’espace, des pluies lentes soulèvent des noyés, la neige s’élève. Tête renversée l’automne déplume et fait son lit, cuit à feu doux le sang des proches hibernations, saupoudre de mousses les os blanchis par l’océan. Les volcans rêvent dans les glaciers. Les boîtes de nuit préparent des bûchers.