Champignons de mémoire

 

Les secrets, l’eau les oublie. Comme on aime se rappeler soudain les choses oubliées, on creuse à l’ombre les rives où raconter, une multitude d’horizons se superposent et la pensée déraille en souvenirs. La superstition pimente la vie. On ressort les tapis de lecture, l’intérieur d’une maison, la vue d’un trou dans la façade, de l’autre coté de la paroi le voyage prend fin.

La mémoire de l’eau est celle qui nous en reste, la partie noyée du chemin fait barrage.

La maison où tu vivais était chargée de ta mémoire au point qu’il n’y avait plus de place en toi pour voir quelle mémoire, collée à toi, comme la figure d’un corps entraperçu, elle te pompait quand bien même c’était entièrement tari. La mémoire partout, de telle façon qu’on y est plus, remplie de place pour les absents. À peine éloigné qu’on y revient.

 

interlude

la ville quand il pleut laisse derrière elle un brouillard où sonne un bord de mer. des parachutes piqués de banderilles, de pompons multicolores animent les rivages gris. la boucle alimentaire primesautière recycle les coquilles vides en boite à musique, la valse mouchetée aux xylophones et carillons cristallins de Bonobo t’envapent de barbe à papa. tu sors de l’histoire bouchère avec un tuba de survie augmentée, inerte.