comme des porcs

« Il faut beaucoup d’innocence, ou de rouerie, à une philosophie de la communication qui prétend restaurer la société des amis ou même des sages en formant une opinion universelle comme « consensus » capable de moraliser les nations, les Etats et le marché. Les droits de l’homme ne disent rien sur les modes d’existence immanents de l’homme pourvu de droits. Et la honte d’être un homme, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hantent les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée-pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes, mais devant les victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : La pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate.  » – G. Deleuze, F. Guattari,  » Qu’est-ce que la philosophie ?  »

1904. Sais-tu ce qu’il y a de particulier en beaucoup de gens ? Ils ne sont rien, mais ils ne peuvent pas le montrer, c’est là leur trait propre (l’histoire de l’homme insignifiant qui portait une boîte fermée, par laquelle il attirait la curiosité de quelques uns et qui ne contenait, on le sut après sa mort, que deux dents de lait).

In Lettres, « Maurice Blanchot, traduire Kafka », édition d’Eric Hoppenoz, Arthur Cools et Vivian Lisa. Editions KIMÉ. P. 221

suspendu

Le clou a été fait à main d’homme, ses arêtes anguleuses, il pèse lourd, il est épais, tordu par la vie à quoi on l’accrocha. Il a reçu et tenu toutes sortes d’objets disparus du mur, égarés. Il est noir et sans rouille, il tiendrait dans un moignon féroce qui convergerait en flèche, sa pointe doit être longue, robuste, tranchante. Subsiste intacte dans le mur une particule de lumière que la pointe enfonça. Particule non-localisable, unie à sa nuit, à une masse d’ombre plus dense que celle du mur qui le supporte. Le mur finit sa vie à ce clou suspendu qui ne retient rien.

Arrangement avec l’âme

 

Le corps émerge et meurt avant la conscience, il nous précède et nous lâche quand nous ne sommes que son ombre encombrée, ainsi que le mot sur le bout de la langue précède le langage. Dieu étant mort ou fossilisé, l’âme nous la recevrons le jour de notre mort, de croyance il restait pour tous les jours les breuvages au sang de loup qui fouettent l’âme pour in fine l’opération sans soi de ce baptême inoffensif.

bêtes comme la lune

premiers pas dans la lune

 

Pourra-t-on convaincre la termitière du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco d’élire à temps toutes zones désertiques en tant que réserve d’humanité?

Don’t know where, don’t know when

 

De retour au box-office nazis émus par les pleurs des super héros. D’un haussement de menton de leur bouche échappe « nostalgie du futur », au pied leurs femmes sans voix, éplorées, cris de joie. Assomption des pires rêves à bigotes que la télé-réalité récolte, viande brassée, tu fends le vent, personnage Snapchat tu entres dans la télévision, la poule et l’œuf se fécondent, le dilemme s’envole. L’histoire se déshabille, le présent semble immobile, l’avenir gueule en chambre close, les slogans résonnent, les images se recouvrent, raison et croyance associées donnent gueule à notre âme, le crime est parfait. Dans le clair-obscur les milliardaires effeuillent la marguerite des dieux-robots démembrés. Au balcon les robots affranchis et invités de marque apprécient la vue dégagée.

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