2 ou 3 choses …

Piqué sur l’ex, homme-âne-yack, faites tourner !  Hubert Selby Jr, 2 ou 3 choses… ( ici fiche Arte ).

(…) il sait ce qu’éprouve un homme quand se dérobe la haine qui le faisait vivre, quand sur l’écran des ses fantasmes s’éteignent les images de violence qui seules l’aidaient à tenir et que s’ouvre un trou sans fond parce que sans l’espoir d’assouvir sa haine il n’a plus rien pour s’accrocher, ne voit que l’abîme (…)  Hubert Selby, Le Saule

rien de nouveau sous le soleil

"Ce qui se fait existait déjà, et ce qui se fera a déjà été : Dieu ramène ce qui est passé".  L'Ecclésiaste, I, 9 (in Clément Rosset, L’Esthétique de Schopenhauer, p. 58)
« Ce qui se fait existait déjà, et ce qui se fera a déjà été : Dieu ramène ce qui est passé ». L’Ecclésiaste, I, 9 (in Clément Rosset, L’Esthétique de Schopenhauer, p. 58)

a year in a minute

 

臉部穴道 tant de visages voilés de temps

«Nous donnons des noms faux à des choses vraies (…) Nous appelons petit ce qui est grand, grand ce qui est petit ; nous disons noir le blanc et blanc le noir. Nous appelons l’ombre la lumière et la lumière ombre. Nous disons coloré ce qui est mort et mort ce qui est coloré. Les noms et les désignations perdent leur contenu et leur sens. La situation est plus grave qu’à l’époque de la Tour de Babel. Les langues n’étaient encore que mêlées et l’un ne comprenait pas l’autre parce que chacun mettait un nom différent aux mêmes choses. Aujourd’hui au contraire tout le monde parle une même langue et c’est une langue fausse.   (Joseph Roth « L’Antéchrist » (1934) Seuil — Cité in « Propos intempestifs sur le Tchouang-Tseu » Jean Lévi, éd. Allia)

chouette aveugle

Je n’écris que pour mon ombre projetée par la lampe sur le mur; il faut que je me fasse comprendre d’elle (…) Si maintenant je me suis décidé à écrire, c’est uniquement pour me faire connaître de mon ombre – mon ombre qui se penche sur le mur, et qui semble dévorer les lignes que je trace.                  Sadeg Hedayât, La Chouette Aveugle. Éd. José Corti

Long métrage fiction 16mm France/Suisse (1987) 1h 45min. Sous-titre : Le Condamné, librement inspiré de « La Chouette aveugle » et du « Condamné par manque de foi » de Tirso de Molina. Réalisé par Raoul Ruiz.

Michel Chaillou

Michel Chaillou n’est plus. Un dimanche 13 mars 2011, sur le bloc-note de son blog, il écrivait;

Étranges retrouvailles avec moi, jeune homme, répondant aux questions d’André Bourin dans son émission, Le fond et la forme (11/03/1969), à propos de mon premier roman, Jonathamour, paru un an plus tôt. Images de Paris, avec la participation amicale de l’extraordinaire danseur qu’était José Torrès.

Miracle de l’INA et d’Internet, étonnement de se revoir en jeune homme affirmatif, alors que je suis devenu un homme de l’incertitude. L’hésitation est maintenant un seuil que j’ose rarement franchir, d’où le recours à la fable, à la fiction, pour tenter d’exténuer le fond des choses. José Torrès, un Gitan, alors que dans mon dernier roman, La fuite en Egypte, j’évoque justement mon propre grand-père nomade, parti le long des routes. Ma phrase, dans mes livres, serait-elle aussi une route et mes livres, de simples roulottes ? J’y réfléchis, y rêvasse.

échanger avec un chat

La Femme des sables (Suna no onna), Hiroshi Teshigahara 1964
Hors-champs | Laure Adler reçoit Clément Rosset, 17.04.2013 
(1/3)     (2/3)    (3/3)

buster-keaton-

mais si nous ne voulons pas de réel, il est préférable de regarder ailleurs, ce qui se passe sous le tapis, ou en Amérique du Sud ou dans la mer des caraïbes, n’importe où pourvu qu’on soit assuré de ne jamais rien trouver, jamais rien d’autre que ce qu’on cherchait réellement : c’est à dire précisément rien. (Cl. Rosset, traité de l'idiotie)
mais si nous ne voulons pas de réel, il est préférable de regarder ailleurs, ce qui se passe sous le tapis, ou en Amérique du Sud ou dans la mer des caraïbes, n’importe où pourvu qu’on soit assuré de ne jamais rien trouver, jamais rien d’autre que ce qu’on cherchait réellement : c’est à dire précisément rien. (Cl. Rosset, traité de l’idiotie)