noyé

The shadows cast from these thunderstorms really are #EarthArt.

Pérégrination en time-lapse, des cannes blanches qui cassent, une odeur de lotus flotte, au ciel sur le caillou-lune marche dans un champ d’argile inondé. Les bateaux sur lesquels mettre les pieds coulent.

Les nuages résonnent de la vie des vagues, d’en haut c’était palpable, un voile se posait sur les yeux. Le corps trop loin pour y tendre respire parmi les grains de sable du pont pour d’autres corps plus lestes. Indisposé, noyé, tout se précipitant, la mer est un abysse, en sacrement ses plus belles visions qu’un cri inaudible rompit.

classer ?

Il n’y avait de classement fait qu’après. Des marque-pages dépassant des histoires, des tailles dans la faille.

De toute façon ne gardant pratiquement rien ça pouvait bien attendre, d’attendre inlassablement à son tour décomposé, c’est à dire attendre avec plus de temps, honorer l’attente, balayer la place vide.

Night Watch, Cy Twombly, 1966

immersion

Pour en revenir au spectacle, à la compétition entre excellence et servitude volontaire, au vainqueur désigné, alliance parfaite des deux dispositions, s’y déclinant à l’infini, porté par acclamation et grommellement besogneux.

human beings are so strange

au revers du néant

                                  …

Klaus Rinke. quand retourné en l'airLa Révélation irradie solitaire

Dans ce Temps qui t’a rejeté.

Seul ton Néant est l’expérience

qu’elle peut avoir de toi

                                 …

Gershom Scholem en juillet 1934, dans une lettre à W. Benjamin : (… ) « Avec un exemplaire du Procès de Kafka »

butin

Leonie Petit, Dance of Death, 19th century

“ il n’est aucun document de culture qui ne soit aussi document de barbarie. Et la même barbarie qui les affecte affecte tout aussi bien le processus de leur transmission de main en main ”  Walter Benjamin, Eduard Fuchs, le collectionneur et l’historien, Œuvres III, Folio Essais, 2000, p. 186.

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histoires

Recoleta Argentina © Sylvia Plachy

Quand cédant enfin au sommeil, le réveil sonna. En tête, très chiffonnée, l’histoire à histoires de Scholem se tournait à nouveau d’un autre coté.

Histoire. Les vagues le vent, les dunes de sable à perte de vue. À chaque horizon franchi tu fais un pas, tu t’éloignes un peu plus, chaque nouvel horizon s’augmente, grandi des précédents. Pour le dire autrement tu n’avances plus, un lent compte à rebours interminable s’est déclenché.

Histoire. C’est maintenant il y a longtemps, ça pourrait être les pieds d’un homme, et un horizon flou venteux, une, deux et trois choses émergent, la pensée d’une forme, un récit, des choses, et d’autres encore qui leur ressemblent, très éloignées de ce qui fut, de ce qu’elles n’étaient pas, qui alors étaient entremêlées, complexes, à vrai dire totalement incompréhensibles. Maintenant c’est le récit, quelque soit l’angle par quoi on y entre ou d’où on sort, la suite ne fonctionne plus.

Histoire. Ici manque de bras à la jachère, ceux qui restent s’allongent couchés, au-dessus les branches s’élèvent, la forêt. La nature ayant horreur du vide, les hommes deviennent invisibles. Avec l’être invisible l’animal parle, dévoré.