bouillie d’immortalité

Sans titre2mauvaise nouvelle, une étude multidisciplinaire découvre les replis cachés de la socio-culture, les laborieux premiers de classe réalisent leur vengeance ourdie de longue date; non seulement les nantis devront enfouir leur fortune dans les grottes des paradis fiscaux, mais les quidams quelque part sur la chaîne du spleen, pendus à cette blague austère, restent béants d’expectative ; méritons-nous cela ? J’imagine que suicidés, endeuillés à vie, dépressifs-optimistes / fous en tous genres ont giclé du panel des 30.000 personnes. Reste aux « études » ce goût de cramé dont les éclaboussures bouillonnantes tiennent lieu de croyance ; de la bouillie étalée, parcheminée, oripeau que la désorientée s’efforce à réunir d’une dentelle: vieillir c’est pas pour les lâches ou les poltrons, dit-elle, la gravité est massive et la tête vacille.

eurocalypse

« La politique a détruit l’espoir en Italie »

L’Italie, finalement ça sera l’Italie pour ébranler l’oligarchie et sa spectaculaire arrogance et léthargie — relancer les dès, rien que pour secouer les images de la férocité médiatique, Berlosconi choisira t-il de s’effacer, dans le miroir du pape, bis repetita placent, salut discret au peuple de carton, scénarisé pour la télé blanchisseuse de mémoire contre vertu monnaie sonnante. Casse-tête à venir;  trouver à rembourser 400 milliards en 2013, soit 20 % de la dette italienne… & quid d’une « alliance » entre le « Mouvement 5 Etoiles » (M5S) et la formation « Gauche, écologie et liberté » (SEL) de Nichi Vendola ? En espérant que Beppe Grillo tire sa révérence.

tortues berceuses

 Le chien tourne autour de sa niche sans que sa laisse se noue, ni ne lâche. De sa place en surplomb on voit la ville s’étendre et les hommes se succéder dans des fumées de plus en plus épaisses où les start-ups bio élèvent leur coupole bleutée, nous ne pouvons pas faire autrement disent-ils. Déjà alors on ne donnait pas beaucoup plus cher de la peau des banquiers que de celle des chevaux. Un jour léger on aurait cru l’air plus clair et pouvoir torsader les nuages gris avec ce qu’on pariait comme devinette être les franges laiteuses d’un soleil fatigué. Le feu qui flambait dans la cheminée réchauffait à peine, le feu craquait réactivant l’hypnose, oubliant brièvement l’absence des points de fuite tellement introuvables qu’on devenait mou à se cogner aux objets. Le souvenir impérissable du ciel bleu faisait qu’on rêvait être bercé par la mer.

Un haut le cœur creuse et sursaute dans le corps des tortues dès que notre ombre touche leur carapace, quoiqu’elles n’en laissent rien paraître sous leur dignité j’m’en foutiste admirable. A cause que ce sont des tortues, qu’à l’insensibilité placide inconcevable de leur cerveau, à leurs habitats hyper plastiques, nous leur conférons le caractère étrange d’être à la fois rusées et désintéressées, immuables et mères-courage, les agrémentant encore de multiples dons de magies émouvants, même si ce n’est qu’image qui échappe de nos casseroles, de nos ornements muraux. De nous, du chien qui nous est attaché, des peurs de l’avenir qui nous la font évider, elles crient au secours aux crocodiles expéditifs mais sourds. Lassées de notre observation imprévisible elles détournent la tête. Il apparaît alors que nos ombres sont plus nombreuses que ce que le maigre visible enferme, ombres que nous avons sur nous et au-delà, très effilées, qui pour toujours nous retiennent à notre niche; si nous laissions faire les tortues certaines un jour nous enseigneraient à les couper, à nous laisser du leste ; ce n’en serait pas fini mais elles auraient la paix, hissées fleuries éventées sur un trône ; elles chasseraient par là même nos peurs nos icônes nos dirigeants, et tous ceux en orbite morcelé qui font la lèche aux miroirs.

Blue Lagoon (1980)

Too Big to Jail

 Vidéo que le citoyen Jorion invite ici à faire tourner. Les régulateurs de la SEC commis à rendre leur verdict dans les alcôves aménagées et feutrées loin des regards, au risque de passer pour de naïfs recéleurs; le profil bien bas, ils bredouillent, aux questions d’Elizabeth Warren, que oui sans doute l’accord consenti rend justice — l’embarras de ces improvisés juristconsultes justifie qu’aucune peine d’emprisonnement et qu’aucune disposition légale ne pourraient dissuader la rapine. Leur faiblesse trouvant réconfort dans les barques du Titanic à noyer le bouchon. Banques simplement amendées à payer par d’autres moins malins un effort de flexibilité et de compétitivité ; le changement en musique c’est encore TINA. Trafic des valeurs sur tapis rouge sang des lobbies qui dealent rubis sur l’ongle leur savoir-faire dans les instances internationales, du tout-cuit pour petits chefs à tous les étages qui yeux fermés jettent les os; décidément nous vivons au-dessus de nos moyens. Le banquier est-il goûteux ? Les petites terreurs encouragent le profit et la misère à se farcir le bœuf au prix du cheval: sinon qu’on se le dise ce pourrait être l’inverse, ou bien disette.

D’autres lectures : Sur Rolling stones Gangster Bankers. Sur BastamagCritiquer le rôle des banques mène-t-il en prison ? Par Flore VasseurLe Monde en 2030 vu par la CIA , et Lordon sur la pompe à Phynance que je découvre à l’instant; La régulation bancaire au pistolet à bouchon.

bouche de Cléopâtre

plan monde

allongé sur la crête, tête relevée, bras ouverts, ligne de flottaison étendue, un lent murmure ordonnance l’assaut