beau fixe

 

Lights in the Darkness via NASA
Particules énergétiques solaires brisées par le champ magnétique terrestre- NASA –  (Agrandir la photo!)

« Je ne veux plus rien du tout,  je veux commencer à jouer »

Günter Eich, le 16 déc. 1972, sur son lit de mort.

le manège est grippé

Ils ont mangé les domestiques et sont encore affamés. La chance de changer le monde s’avère aussi problématique que de vouloir le sauver. Les troupes captives sans ordre ni récompense se décomposent. L’exosquelette qui traîne ce paralytique cherche une tête. Les managers pétrifiés par le silence se terrent sous leurs châteaux de sable. La démotivation tout autour réjouit. Derrière les rideaux d’un chalet enneigé les grands-mères s’insultent au tournoi de Loto. La voie du milieu triomphe en d’illusoires cercles. Blancheur et rude corbeau sans cape font tournoyer les portes ouvertes sur la nuit au petit vent qui passe.

 

sans suite XX

Changer de jour, faire du cut-up dans les bandes-son, faire disparaître un son dans un autre, se contrôler, prendre quelques précautions.

Corps en tous points repérable, une armure orgasmique.

Derrière la porte laissée ouverte sur le salon pour égayer la solitude.

Pour un robot ni la mort ni les assassins n’existent. La compréhension de ce qu’est un assassin développe une vague idée de la mort. Il regarde un spectacle d’assassins, par exemple leur agilité à ouvrir un ventre. Une imago d’hommes sans corps. Le temps des réunions passé, les manœuvres stratégiques mûres, un temps libre se dégageait, adonné à la ruse.

S’interroger sur le pourquoi et le sens des émotions échaudent l’assassin et les amants ; s’en empêchant leur conversation alors s’abrutit.

Il commence à s’endormir, depuis le début leurs conversations se chevauchent selon un fil qui n’a pas de cours ou qui heurte le lit asséché, il fermait les yeux sur l’horizon qui s’ouvrait.

Lors de la discussion on a partagé nos hésitations, on s’est donné du temps, on s’est sauvé, sans plus savoir le chemin du retour.

Ce n’était pas tant qu’elle s’était mise, sans le savoir, à parler de plus en plus souvent seule, c’était de la voir voutée, toute entière à l’écoute de sa litanie d’où s’échappait un grommellement loin du piano enchanteur de l’enfance maintenant placard débordant, encombré.

Submergés par la fébrilité bruyante des discussions nous dûmes d’urgence imposer le recours aux technologies de communication silencieuse. En retour on perçut le chant des rares oiseaux qu’on cherchait désespérément des yeux.

Don’t know where, don’t know when

 

De retour au box-office nazis émus par les pleurs des super héros. D’un haussement de menton de leur bouche échappe « nostalgie du futur », au pied leurs femmes sans voix, éplorées, cris de joie. Assomption des pires rêves à bigotes que la télé-réalité récolte, viande brassée, tu fends le vent, personnage Snapchat tu entres dans la télévision, la poule et l’œuf se fécondent, le dilemme s’envole. L’histoire se déshabille, le présent semble immobile, l’avenir gueule en chambre close, les slogans résonnent, les images se recouvrent, raison et croyance associées donnent gueule à notre âme, le crime est parfait. Dans le clair-obscur les milliardaires effeuillent la marguerite des dieux-robots démembrés. Au balcon les robots affranchis et invités de marque apprécient la vue dégagée.

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SANS SUITE XVII

 

 

La mauvaise herbe s’élève d’une plongée si longue qu’elle s’immobilise, se pigmente penchée à fleur de lumière. Les espèces persistent à traverser leur origine, à torsader le temps.

*

Sous l’eau la lumière efface le bleu, il y a du vent, ses yeux mi-clos et des torrents.

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L’étoile de mer, dans un bocal, tête renversée, évadée dans cette nuit sans lune.

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Dans la chambre par la fenêtre le soleil assombri.

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Chagrin, il y a encore du linge à laver dans les limbes.

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Détaché, comme absent, ou toujours avec un temps de retard, suffoqué, seul l’orage qui déroute, hors de lui, tout le monde fuit.

*

Paravent à la fatigue, aux nuages sombres, lesquels s’échappent, tourbillonnent, menacent de retomber, de s’engouffrer, de le souffler de l’intérieur. Un petit démon s’offre, s’entretient, prenant tout à sa charge.

déménagement 2 – en chantier

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voilà c’est déménagé, on en est à démonter le temps, s’arrêter à regarder l’intérieur, à descendre, remonter, tout cela est un peu brouillon. Rafistoler à temps perdu la cabane pour mieux s’absenter, mais d’ailleurs où sont les valises ?

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