(Salve Regina, Arvo Pärt, Estonian Philharmonic Chamber Choir, dirigé par Paul Hillier, vidéo extrait de Sátántangó –Tango de Satan (1994) dirigé par Béla Tarr, film qui dure 450 minutes, conte sur la domination et la subordination volontaire infinie)
qu’est ce qui me prend ? le folk ? Anaïs Mitchell toute toute seule ? sa voix ? ouais bon. L’old fashion ? m’ouais – alors quoi? Peut-être la radio que j’écoute plus, et les rares et précieux acquiescements d’alors, maintenant.
J’entendais mon nom sans savoir qu’il s’agissait de moi. Par déduction à force de l’entendre, quelques furent les autres autour, je compris peu à peu, avec les jours qui passaient et les inconnus qui s’approchaient de moi, les inconnus le restant, qu’il s’agissait bien de moi ; c’était plutôt bien pour commencer à marcher, pour aller quelque part, le plus loin possible : juste entendre flotter le nom qui était celui de la voix de la mère.
« De tout temps le bruit court ou encore mieux l’idée a cours qu’il existe une issue. Ceux qui n’y croient plus ne sont pas à l’abri d’y croire de nouveau conformément à la notion qui veut tant qu’elle dure qu’ici tout se meure mais d’une mort si graduelle et pour tout dire si fluctuante qu’elle échapperait même à un visiteur. Sur la nature de l’issue et sur son emplacement deux avis principaux divisent sans les opposer tous ceux restés fidèles à cette vieille croyance. Pour les uns il ne peut s’agir que d’un passage dérobé prenant naissance dans un des tunnels et menant comme dit le poète aux asiles de la nature. Les autres rêvent d’une trappe dissimulée au centre du plafond donnant accès à une cheminée au bout de laquelle brilleraient encore le soleil et les autres étoiles. Les revirements sont fréquents dans les deux sens si bien qu’un tel qui à un moment donné ne jurait que par le tunnel peut très bien dans le moment qui suit ne jurer que par la trappe et un moment plus tard se donner tort de nouveau. Ceci dit on n’en est pas moins certain que de ces deux partis le premier se dégarnit au profit du second. Mais de façon si lente et si peu suivie et bien entendu avec si peu de répercussion sur le comportement des uns et des autres que pour s’en apercevoir il faut être dans le secret des dieux. » S. Beckett, Le Dépeupleur