de peau, de roche

façonnage des visagesles énormes masses sont nées en un instant, elles sont à cette surface, glissées, sautées, épousées, évaporées, enroulées, roches, visages. leur façonnage est du temps hors de portée. j’ai deux ans, je marche je cours si je m’arrête je tombe je cours je m’arrête

avant après pendant

Thomas Hoepker, Williamsburg, Brooklyn, 11 Septembre 2001

Alex Webb  View of lower ­Manhattan from a Brooklyn Heights rooftop, New York City, September 11, 2001Nous étions là, aussi, sur la lancée dolente du matin, nous avions lu les journaux le lendemain sur la route des vacances qui ne nous avait jamais porté aussi loin du vacarme. Nous les avions le soir jetés au feu et des étoiles froides jaillirent du bois humide. À coté, au ruisseau, roulaient des petits cailloux de nuit et d’horizon évidés. Nous plongions nomades dans le jour d’avance, d’ici la reprise des hostilités.

ball-trap

Alallamah Sayyed Hussein Fadlallah, 2004

ruiné au casino. les rideaux sont réserves à lassos. le futur a gueule couleurs sépias. la mer s’écoule à nos pieds comme un tapis déplié aux fleurs bleues vénitiennes. le ciel abaissé chatoie sur la terre inespérée, nos foulards légers comme l’air. les papillons de cire sentent bon. des armées d’enfants posthumes s’allongent sous la tendresse lunaire. le lait caille dans le ventre des femmes. la malle du seigneur baille une fosse béante. les débris exhumés stupéfient. les rêves tanguent à la vitesse des vents contraires. sous le couperet des trilogies promises avorte le malheur. les secrets amusements finissent mal

sortir du mur

 Les puissances diaboliques, quel que fut leur message, ne faisaient qu’effleurer les portes par où (elles) se réjouissaient déjà terriblement de s’introduire un jour.  Kafka, Lettre à M. Brod, in Wagenbach, p. I5

boîte à images / 4

Nous sommes quelque chose qui se déroule pendant l’entracte d’un spectacle ; il nous arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que le décor. Le monde entier est confus, comme des voix perdues dans la nuit.   —–   Pessoa

boîte à images / 3

Nous croyons que notre cerveau est un mausolée en marbre, alors qu’en réalité c’est une baraque perdue entre un terrain nu et un crépuscule sans fin.  

Conférence à Séville en 2003 de Roberto Bolaño, in Le gaucho insupportable