Tu suis des images muettes projetées sur un écran au même moment tu les découvres et tu racontes l’histoire. Tu reçois les images, tu ne fais que raconter les images qui passent devant tes yeux, tu inventes l’histoire, tu mets des mots sur le temps, tu fais l’histoire d’une histoire ruminée qui te précède, tu hésites, ce décalage est peut-être à éclaircir, tu lorgnes sur l’ombre qui recule. Il y a beaucoup d’actions et certainement beaucoup de paroles, tu vois des foules et des groupes, parfois uniquement des plans fixes de visages qui parlent que tu n’entends pas qui font que les images se floutent. Tu sais que tu es libre de les doubler comme bon te semble, qu’est-ce que cela changerait ? Quelque soit le texte, inlassablement la même histoire, quand plus personne n’est là pour l’écouter, quand les visages n’interrompent plus le défilement, tu imagines qu’ils te racontent tout autre chose, tu mets sur pause. La salle s’approche d’un paysage, la veilleuse de la porte de secours dépayse. Au matin deux chemins identiques. Tu poursuis le chemin sinueux.
Catégorie : CHEMINS
noyé
Pérégrination en time-lapse, des cannes blanches qui cassent, une odeur de lotus flotte, au ciel sur le caillou-lune marche dans un champ d’argile inondé. Les bateaux sur lesquels mettre les pieds coulent.
Les nuages résonnent de la vie des vagues, d’en haut c’était palpable, un voile se posait sur les yeux. Le corps trop loin pour y tendre respire parmi les grains de sable du pont pour d’autres corps plus lestes. Indisposé, noyé, tout se précipitant, la mer est un abysse, en sacrement ses plus belles visions qu’un cri inaudible rompit.
histoires
Quand cédant enfin au sommeil, le réveil sonna. En tête, très chiffonnée, l’histoire à histoires de Scholem se tournait à nouveau d’un autre coté.
Histoire. Les vagues le vent, les dunes de sable à perte de vue. À chaque horizon franchi tu fais un pas, tu t’éloignes un peu plus, chaque nouvel horizon s’augmente, grandi des précédents. Pour le dire autrement tu n’avances plus, un lent compte à rebours interminable s’est déclenché.
Histoire. C’est maintenant il y a longtemps, ça pourrait être les pieds d’un homme, et un horizon flou venteux, une, deux et trois choses émergent, la pensée d’une forme, un récit, des choses, et d’autres encore qui leur ressemblent, très éloignées de ce qui fut, de ce qu’elles n’étaient pas, qui alors étaient entremêlées, complexes, à vrai dire totalement incompréhensibles. Maintenant c’est le récit, quelque soit l’angle par quoi on y entre ou d’où on sort, la suite ne fonctionne plus.
Histoire. Ici manque de bras à la jachère, ceux qui restent s’allongent couchés, au-dessus les branches s’élèvent, la forêt. La nature ayant horreur du vide, les hommes deviennent invisibles. Avec l’être invisible l’animal parle, dévoré.
horizon
freebase du printemps
qui ne s’arrête en aucun lieu
Ok, l’homme serait un petit animal raisonnable aimant à croire que sa vie se rattraperait dans un poème à l’eau de rose. Avançant ou reculant, le cercle et lui tournant asynchrone, du sentiment d’être rendu au milieu du chemin, côte à côte avec robot hilare, alors que l’esprit quitte le corps. Aux généreuses lisières et transferts d’attributs, l’âme-sœur s’élève sous des traits machiniques, son ombre découpée aux contours lumineux. Petit christ à tenir ses promesses sur le champ, et l’enfer de nos nuits.
L’histoire, par laquelle les images s’élèvent, l’air du temps présent, la raison des croyances, celle qui d’emblée se donnait à comprendre, l’information qui manquait, reconnue fermement par le grand nombre, celle avec des traversées béantes en son centre, des périphéries attrapées, une histoire, un pas dedans qui, d’espoir, conduirait à d’autres histoires, hors péripétie, tellement, celles qui sauveraient, celles qui existaient déjà ailleurs, simultanément. On s’en raconte, ce doit être vrai, mais pas encore ici le bon embranchement. Continuer alors sans issue, sinon s’en retournant, en retranchant. À un certain point s’immobiliser, les racines ayant pris dans le mur.








