sans suites 45 * (les mots 01)

 

Laisser tomber querelles et foutaises, verser dans l’hérésie : prier devant les nuages, faire corps, tomber en lambeaux, s’exercer cruellement, livrer le langage des formes aux nuages, glossolalies envoûtantes, animaux médusés.

Les mots résonnent de façon assez manifeste pour ne pas s’y attacher, les définir, les couler accouplés au bloc de matière qu’ils désignent, les détacher à part : profiter de leur effusion comme catapulte à silence.

Redéfinir chaque mot désormais, repartir à zéro, aux choses elles-mêmes. Ne rien pouvoir dire. Travailler sur l’immatérialité d’un tapis.

 

insomnia * 01

 

Quelqu’un, partant d’une image bien précise, parle tout seul de l’invisible. Les systèmes de grands espaces y verrouillent tout événement et tournent en rond au pas du métronome. L’errance obtuse produit des faux-souvenirs. Des géants et des nains lisant les journaux s’y coupent la parole. Des folies plus grandes le prenaient dès qu’on l’approchait. Quelqu’un pendu à ses propres paroles se débattant pour dormir.

 

sans suite 44 * figures 2

 

Ne pas supporter l’ennui et se plaindre que le temps passe si vite.

Sa réussite fut totale, l’avenir muselé était déjà mort à ses pieds

Il farcit sa tirade d’un à titre personnel qui le rend parfaitement imbuvable.

Le problème avec Machiavel c’est quand il y en a pléthore. Les fantômes de prestige massacrent le festin.

Dévoilement, le monde était un rêve. Tristesse et désarroi à n’avoir que ses larmes.

Les souches d’arbre noires, ô ces illustres inconnues.

 

Les folies * 10

 

Son appartement un amoncellement de meubles aux portes sans accès. Les coïncidences muselées, sa carapace comme de l’eau mais en verre fragile, crevette dans le ventre d’une méduse, il parle en apnée.

En mission il git au fond des origines, quand tout est encombré il saute contre le mur de verre, d’un ultime souffle de rage sa douleur supprimée. Réanimé aux urgences, pacifié, la quête à la désolation est maintenant ouverte.

Renouveau, son image de dos, le bras levé l’appareil photo posé sur la tête, l’objectif tourné vers le miroir pour capturer l’aura.

Zak Smith

les folies * 9

 

Balayer toute la journée les allées du cimetière et se retrouver plantée au sommet de sa vie à minuit sans dormir. Descendre du grenier, monter de la cave, les escaliers menant à la cave et ceux montant au grenier lui étaient mêmes, au rez-de-chaussée elle bricolait sous la lampe un nouveau tableau de bord en fredonnant, quoique pleine de doutes. De temps à autre elle jetait un œil sur les poissons rouges qui tournaient en rond, à la fenêtre ouverte l’eau de la fontaine s’écoulait bleu et rouge, sur la table une boîte de sardines.

––– # 16

 

Par prophylaxie l’homme augmenté prétend se garder d’une proximité trop grande avec le robot qui le mange amusé de tant de fierté. À quoi bon parler après pareille indigestion ?

L’étude de la vie secrète sert à évaluer la marge d’erreur possible afin de performer ses métadonnées.

Les hypothèses quotidiennes afin de comprendre, ranger les causes sur ceci & cela, de pures illusions ; à l’heure de la pause enfin, de calmes hypothèses d’avenir détournent l’attention du pire qui arrive.

La dispute entre un aveugle et un sourd et muet voit son temps expirer. La solution finale met aux prises tout en même temps les catastrophes naturelles et l’extermination guerrière.