Catégorie : Zik’
flashback
Alors qu’on devrait plutôt dormir on laisse filer le rouleau compresseur des lumières tailler les sillons d’une mémoire morte, à rêvasser aux volutes aux lueurs des bougies par la suie qu’elles ont laissée. On serait retourné d’un seul coup tout comme les sceaux de sable pour enfermer la nuit, arrêter le temps, revenu au dernier moment où disparaître, planqué, quand on apprivoisait la nuit.
La jeunesse aurait bronzé dans des îles souterraines sous ces flashs à l’écart. Cycliquement un spéléo était happé en remontant le temps, se cognant, coupé net aux cordes d’eau. Impossible de faire sauter le coffre, ni derrière cette porte faire taire les chiens hors d’eux.
Quand la scène se met à tanguer, chacun comme un seul se tait, on croit voir un ruisseau, une voie d’eau résonne dans la salle obscure, on dégoupille les lampes des projecteurs, en attente que le calme ait léché la rosée.
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valse hors piste
air d’hier
Les pierres sont taillées, les murs sont écroulés, le ciment est au vent. Les branches que l’on coupe, tous les arbres sont secs, si tout se passe bien les dernières forêts brûleront quelques hivers. Les journaux du jour tournent la rouille blanche, livreurs d’un air du temps qui excuse demain de n’avoir jamais su, les bourreaux affutent le silence. Pas besoin de vitesse, la lune s’éloigne encore.
Márta & György Kurtág
Je n’ai jamais écouté aucun son sans l’aimer : le seul problème avec les sons, c’est la musique (John Cage, Éd. La Main courante, 1998, 2010).
par la nuit des persiennes

