Leningrad Cowboys Go (1989) ———— Juha (1999) « Dernier film muet du XXème siècle » remake du classique du cinéma finlandais) ———— Dialogue avec Aki Kaurismäki (4 Juillet 2008, 75 mns, in La Cinémathèque française) ———— Entretien, le cinéma, Helsinki… ———— André Wilms présente « La Vie de bohème » à la Cinémathèque suisse
Catégorie : CINÉ
tu n’as rien vu
Une fissure sur une structure en béton du réacteur n°2 a été détectée samedi.
Dimanche un séisme de magnitude 4,2 mais peu profond (10 km), s’est produit en fin de journée, à 19h27 heure locale, dans la préfecture de Fukushima. Le séisme a été ressenti dans toute la région.
Une semaine plus tôt, une secousse de magnitude 5,2 avait déjà eue lieu sur la même côte.
Ce matin à 10H13 (01H13 GMT), un cadavre de rat est découvert près d’un transformateur extérieur lié au système de refroidissement de la piscine 2 : «Le système a été stoppé à 11H36 (02H36 GMT) pour une durée d’environ 3 à 4 heures» précise TEPCO.
Mi-mars, un rat avait déjà causé un court-circuit et entraîné une panne de distributeurs d’électricité, paralysant près de 30 heures une partie des systèmes de refroidissement des piscines de désactivation du combustible usé.
Mi-mars encore les nombreuses fuites d’eau hautement radioactive issues de trois de ses sept réservoirs sous terre, oblige TEPCO à transvaser tant bien que mal plus de 250.000 tonnes d’eau radioactive dans des cuves spéciales en nombre insuffisant, opération qui devrait s’achever début juin.
Ces jours il neige sur Fukushima.
Hiroshima mon amour ( 二十四時間の情事)
Boudu sauvé des eaux
https://dailymotion.com/video/xxtyaj
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Hommage de Manoel de Oliveira à Jean Renoir, offert au quotidien « l’Humanité », à l’occasion de la Quinzaine des réalisateurs en 2006:
J’étais encore très jeune, quand, pour la première fois, l’opportunité m’a été offerte de voir, au cinéma Olimpia à Porto, la Petite Marchande d’allumettes (1928), un des premiers films de Jean Renoir. Cela se passait bien avant l’instauration de la dictature au Portugal. Renoir fut un réalisateur qui s’est affirmé comme une des figures fondamentales de la cinématographie française et mondiale. Je crois, toutefois, que son cinéma n’a pas fait école ni eu d’influence, au moins de manière directe, parce qu’il était un homme sui generis (NDLR – seul en son genre) et je crois même qu’il serait très difficile de recevoir une quelconque influence d’un réalisateur si singulier, puisqu’il avait une personnalité particulièrement rebelle et irrévérencieuse. Dans le paysage cinématographique aucun autre réalisateur ne lui ressemble vraiment. Excepté Jean Vigo, dans l’oeuvre duquel je ressens, non pas par influence mais par tempérament, la même touche d’irrévérence. Dans À propos de Nice (1929-1930), Zéro de conduite (1933) ou l’Atalante (1934). Et pourquoi pas dans Taris, champion de natation (1931) ?
Après la candide Petite Marchande d’allumettes (1928), Jean Renoir affirme véritablement sa personnalité propre, en imposant de manière impressionnante avec Boudu sauvé des eaux (1933), comme dans aucun autre film, sa particulière irrévérence. Mais nous ne devons ni ne pouvons oublier d’autres aspects qui pour beaucoup enrichissent sa personnalité, sans porter atteinte à ce côté irrévérencieux, qui bien qu’atténué par moments, reste toujours présent. On le remarque dans la Grande Illusion (1937), la Règle du jeu (1939) puis le Carrosse d’or (1953), French cancan (1955) ou Eléna et les hommes (1956). En quoi Renoir est-il irrévérencieux ? C’est difficile à expliquer, parce que cela tient plutôt de la sensation, d’une manière d’être hors de la norme sans aucune intention particulière ni idée déterminée de la dénoncer. À l’image de l’acte d’un enfant qui devient consciemment insupportable. En d’autres termes, ce serait comme une action pulsionnelle, comme on peut en voir chez les animaux qui agissent par instinct. C’est plus facile de ressentir quelque chose de l’ordre d’une « nuance » (NDLR – en français dans le texte) dans un univers abstrait que de l’expliquer avec la rigidité d’une définition concrète de dictionnaire.
Le cinéma de Jean Renoir séduisit la nouvelle vague et Renoir resta très sensible au fait que ces jeunes réalisateurs l’admiraient. Ainsi, d’une certaine manière, il aurait aimé leur ressembler et le meilleur moyen, sinon l’unique valable, aurait été de réaliser un film à la façon de la nouvelle vague. Mais, face à cette impossibilité, Renoir disait qu’il aurait aimé le faire, mais que toutefois il ne se sentait pas capable d’adhérer à la forme qu’elle proposait. Ou, plus justement, il ne se sentait pas capable de faire fi de sa personnalité irrévérencieuse, pour aborder un autre contexte artistique et, encore moins, pour s’engager dans une forme commune, comme l’a été celle de la nouvelle vague, ou comme l’avait été antérieurement, celle du néoréalisme italien.
Il y a des réalisateurs qui participent à des courants dominants, alors que d’autres s’isolent dans leurs propres règles, comme Max Linder, Victor Sjöström, Griffith, Charlie Chaplin, Carl Dreyer, Poudovkine, Eisenstein, Luis Buñuel, Bergman, Godard, Mizoguchi, Orson Welles ou plus récemment Paulo Rocha, Wim Wenders, Tarkovski, Sakourov, Kiarostami et quelques autres. Renoir, l’irrévérencieux appartient à cette catégorie de réalisateurs, et c’est exactement pour cela qu’il se disait incapable de « s’adapter » à la nouvelle vague, ce qu’il regrettait, par révérence et par sympathie pour ces jeunes critiques et réalisateurs. Et, ainsi, Jean Renoir resta pour toujours Jean Renoir, l’irrévérencieux.
Au hasard Balthazar
les idées se débarrassent des corps.
Quelle drôle d’idée ont les idées de se flinguer, par débiteur interposé piégé au guichet du simple éclat de leur nectar, retourné comme rat mort ou traître défiguré, tandis que roule son couvre-chef, une ombre qu’un souffle de vent invente, dissipe.
Toutes les maisons ont leur odeur propre, les personnes une atmosphère, ce coin de forêt, ce point de vue, ce regard qui scintille et s’enfouit dans une rémanence obscure et indéfinissable de la mémoire.
Votre éloignement, votre absence, nous prennent, nous manquent, aucun reflet dans le miroir, devant lequel, à nous laver, nous habiller, feindre. L’heure et le ciel ne sont pas programmés. Le trajet qui mène au travail est exténuant, nous restons d’étranges proies indigestes à l’obsolescence des machines.
Pourtant, encore peu, réjouis à la vue des feux-follets sous le croquant des crevettes grillées, et plus encore, les feux-follets nous embrasaient. Le crime parfait, la candeur sur la route de l’amour attend son prochain client, l’arrogant désinvolte qui la couvrira d’or, l’inimitié élective, la haine originelle, universelle etc., fait son boulot, son leurre, le temps ne fait rien à l’affaire.
Let’s Get Lost – Chet Baker Documentary (Bruce Weber)
grenier du blockhaus
Le métronome flanchait, le thé avait l’âcre odeur de terre, les cailloux chantaient dans la passoire les sourires éclatant des sirènes, les premiers coups de hache signalaient le matin, la terre avait brûlé, les ravines apparues descendaient les pentes sous l’escorte des nuages. La musique se perdait comme une parenthèse d’éveil au creux de l’oreiller, une boite close dans ma tête inondée par le vent lunaire, recueillie dans un noyau de silence, fétu de paille dans la hiérarchie inextricable des sphères.


