tu n’as rien vu

FUKUSHIMA le 13.03.2011Une fissure sur une structure en béton du réacteur n°2 a été détectée samedi.

Dimanche un séisme de magnitude 4,2 mais peu profond (10 km), s’est produit en fin de journée, à 19h27 heure locale, dans la préfecture de Fukushima. Le séisme a été ressenti dans toute la région.

Une semaine plus tôt, une secousse de magnitude 5,2 avait déjà eue lieu sur la même côte.

Ce matin à 10H13 (01H13 GMT), un cadavre de rat est découvert près d’un transformateur extérieur lié au système de refroidissement de la piscine 2 : «Le système a été stoppé à 11H36 (02H36 GMT) pour une durée d’environ 3 à 4 heures» précise TEPCO.

Mi-mars, un rat avait déjà causé un court-circuit et entraîné une panne de distributeurs d’électricité, paralysant près de 30 heures une partie des systèmes de refroidissement des piscines de désactivation du combustible usé.

Mi-mars encore les nombreuses fuites d’eau hautement radioactive issues de trois de ses sept réservoirs sous terre, oblige TEPCO à transvaser tant bien que mal plus de 250.000 tonnes d’eau radioactive dans des cuves spéciales en nombre insuffisant, opération qui devrait s’achever début juin.

Ces jours il neige sur Fukushima.

Hiroshima mon amour ( 二十四時間の情事)

une lourdeur le lestait

« Je regardais le ciel quand je vis un nuage transparent, très particulier – une lourdeur le lestait. » Kenzaburô Ôé.

Fukushima – Focus sur le réacteur n° 4

Mitsuhei Murata, ex-ambassadeur du Japon en Suisse et au Sénégal, annonce une possible fin des temps. 

S’exprimant lors d’une audience publique de la commission budgétaire de la Chambre des Conseillers, le 22 Mars dernier, Murata avertit que « si le bâtiment endommagé de l’unité 4 – avec 1.535 barres de combustible usé suspendues dans la piscine à 30 mètres au-dessus du sol – s’effondre, non seulement il provoquera un arrêt des six autres réacteurs, mais affectera aussi la piscine de combustible usé contenant 6,375 commune barres de combustible, situé à quelque 50 mètres du réacteur n°4. »

Des deux côtés, les barres ne sont pas protégées d’une enceinte de confinement (…) Ce serait une catastrophe mondiale comme nous n’en avons jamais connu (…) responsabilité incommensurable du Japon à l’égard du reste du monde. Une telle catastrophe durerait des siècles. Le nombre total des barres de combustible irradié sur le site de Fukushima Daiichi est de 11 421 (à l’exclusion des tiges dans la cuve sous pression).

Matsumura s’est adressé à Robert Alvarez, spécialiste du désarmement nucléaire à l’Institute for Policy Studies de Washington, ancien conseiller énergétique de l’administration Clinton et d’industriels (Areva, EDF) pour réfléchir au moyen d’éviter la catastrophe. Il rapporte les points suivants ; (…) Contenir le rayonnement de l’installation paralysée ne sera pas un mince exploit. Le combustible irradié ne peut être simplement soulevé dans les airs par une grue comme s’il s’agissait d’une routine. Afin de s’assurer contre le risque d’une exposition sévère aux rayonnements, ou d’incendies et d’explosions possibles, il doit être transféré en tout temps dans de l’eau et placé des structures fortement blindées en fûts secs (…) Les 11,138 assemblages de combustibles usés stockés sur l’usine de Fukushima contiennent  » 134 millions de curies de césium-137 – soit environ 85 fois le montant de Cs-137 de l’accident de Tchernobyl (estimation du « Conseil national américain sur la radioprotection »).

« Il est important pour le public comprennent que les réacteurs qui ont été exploités pendant décennies, tels ceux du site de Fukushima-Dai-chi, ont généré quelques-unes des plus grandes concentrations de radioactivité sur la planète » (…) ce serait sur l’échelle des catastrophes un événement difficilement descriptible (…) 85 fois plus de césium 137 que Tchernobyl a  libéré, qui détruirait l’environnement mondial et notre civilisation. Ce n’est pas sorcier, ça dépasse le débat pugilistique sur le plus ou moins de centrales nucléaires. Il s’agit d’une question de survie de l’humanité.

Akio Matsumura a envoyé une missive au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. « Il n’est pas exagéré de dire que le sort du Japon et le monde entier dépend de réacteur N ° 4. Ceci est confirmé par les experts les plus fiables, comme le Dr Arnie Gundersen ou Dr Fumiaki Koide, (…) « Le monde est  si fragile et vulnérable. Le rôle de l’Organisation des Nations Unies est de plus en plus vitale. Je vous souhaite la meilleure des chances dans votre noble mission (…) J’ai écrit aujourd’hui au premier ministre Noda. Je lui ai demandé de prendre en compte l’initiative de mobiliser la sagesse des humains vers la sortie du problème du réacteur n°4, en prenant pleinement en compte l’avis d’une  »équipe d’évaluation indépendante ».

Ban Ki-Moon au pli des lèvres de Joconde Bouddhique n’a pour l’heure pas levé le petit doigt. Reste t-il le temps de faire autre chose que colmater des fissures, arroser les poussées de fièvre intermittentes du corium, étancher les sols, baratiner sur la crise?

 La Corée inquiète, concentre toute l’attention. La Corée du Nord déterminée à lancer une fusée, blanche, « Unha-3 » ou « Voie lactée » entre le 12 et le 16 avril, le 15 étant la date de célébrations du centième anniversaire de la naissance du président Kim Il-sung. Porteuse d’un satellite d’observation terrestre, Kwangmyongsong-3 « Etoile brillante ». La technologie des deux premiers étages de la fusée est identique à celle d’un missile Taepodong-2 d’une portée de 6 700 km.

La Corée du Sud et le Japon ont déployé des unités de leur marine équipées de missiles SM-3 pour intercepter la fusée si elle traverse leurs espaces aériens. « Ce serait la première fois dans l’histoire spatiale qu’une fusée serait victime d’une agression dans l’espace ».

M. Jang Myong-jin, Directeur du centre spatial: « Même si nous avons faim, nous devons poursuivre notre développement technologique sinon nous allons devenir le pays le plus sous-développé du monde ». Sous les satellites le froid, les enfants ont froid et faim, leurs pères n’ont rien de fanatique, mais terriblement appliqués, surveillés, le travail est rare. Le trésor enfonce l’épave.

Sur l’écran radar Tepco met son garrot, Kim Il-sung retient son souffle, le communisme sera poussière de l’éternel. L’activité sismique au Japon depuis un an a été multipliée par cinq et a modifié les fonds marins.

Le mensonge de Fukushima – ZDF – 07.03.2012

 

福島第 L’île du bonheur – arrêt à froid

Un jour c’est banal, l’actualité des journaux n’est qu’une suite de titres ; son caractère d’affût, ses signes mêlés tirés du jour d’hier, tu sais encore, et plus ou moins vers quoi, l’actualité d’avant-hier tu commences à oublier, après tu n’es plus sûr, tu vas chercher dans les tiroirs, il y a des suites logiques, historiques, les idées séculaires que l’homme s’est fait de lui, à double fond, s’informant des frontières, du regard du douanier, des richesses de toutes sortes, de ses droits, tu reviens au journal, gratuit, à l’actualité comme épisode, aux faits divers qui arrivent, qui la dévorent, début et fin d’épisode.
Les escaliers sont arpentés la nuit à l’envers, moins fréquentés et avec plus de lenteur, les étages les plus hauts, jamais atteints, tanguent.
La meule usée tourne de travers, les couteaux ont rouillé. L’accident perturbe la superbe, on se couvrait des toiles d’araignées en clin d’œil au linceul, nos embuscades étaient joyeuses, des plus inflammables.
A cette fatigue venue on retient, des étagères du supermarché bourrées à craquer, l’almanach de Fukushima : glas du reality show « L’île du bonheur » où les participants dévêtus allaient passer leur confirmation. Virés, non par tirage au sort, mais d’une balle perdue dans la chasse, à cause d’un pied tordu dans un trou plein de feuilles.
Ne sachant comment, lassés, bien sûr, roulés sans l’avoir cru toujours aux fins promises, le sel des renaissances prodigieuses adorées aurait passé son temps; les burakumin, autrefois gens des métiers liés au sang, aux cadavres recyclés, aux peaux, à la peau, parias, honnis des shintoïstes & bouddhistes, rappelés des cales aux kamikazes, par défaut, liquidateurs bradés des machines à chauffer l’eau du bébé qu’il s’agit désormais de refroidir sans lâcher le bébé crachant, expulsant. Les fées liftées du réveillon restent endormies, les thermomètres se figent comme l’ombre fendue qui persiste, éclair gelé après la déflagration, mille fantômes réanimés en vain. Les bassins de stockage fêlés comme des biberons s’emplissent, nos sarcophages chavirent dans une pluie d’acide borique, débordent sur le pacifique.
Damoclès ne retranche pas le sentiment de puissance, de la mort annoncée. La supercherie n’ira pas jusqu’à cette effigie, l’épée reste aimantée à un morceau de ciel, entre cygne noir et corbeau blanc. Damoclès succombe et succède à Némésis, déesse mineure, déesse de la vengeance, dans un squat d’Athènes.
Tchernobyl forever   (Réalisé en 2010, et diffusé sur Arte peu après la catastrophe de Fukushima).
« Into Eternity » (en 6 parties) – film réalisé par Michael Madsen. « Onkalo » signifie la cachette en finnois; 500 mètres sous terre, merde radioactive mortelle pour 6 000 générations.
Akira Kurosawa, Dreams  


tous les jours


quoi ! ça ne s’arrêtera donc jamais ?

décidément la structure iceberg du blogging oblige à tenir sa tête au dessus de, de et de

le cou les épaules supportent la masse raidie, je lève les yeux ailleurs, où poser mes pieds

je ne retrouve pas  “Distant Saxophones »  de Jan Steele

je retrouve ça, contiguïté de Satie,

Jan Steele + John Cage | Tous les jours | 1976  |  Poem/Lyrics by James Joyce:

All day I hear the noise of waters
Making moan,
Sad as the sea-bird is when, going
Forth alone,
He hears the winds cry to the water’s
Monotone.

The grey winds, the cold winds are blowing
Where I go.
I hear the noise of many waters
Far below.
All day, all night, I hear them flowing
To and fro.

Bass [Guitar] – Steve Beresford | Guitar – Fred Frith | Guitar [Solo] – Stuart Jones |

Percussion – Phil Buckle | Vibraphone – Kevin Edwards | Voice – Janet Sherbourne