(R. Chandler, lettres, T 2. Ed. C. Bourgois)
Auteur : roma
valse hors piste
nuagier des navigations verticales
Comme de toute sa hauteur, dégringoler. Échelle qui ne tient qu’à un fil. En regardant le ciel il apparaît que nous tournons sur nous-mêmes, enveloppés, légers au milieu des ombres qui nous dépassent, des maisons en ruine, des ravines. La terre, le sable, les pierres, l’arbre où nous sommes couchés, la masse d’une baleine où l’on dort. Levés, des poussières volent dans la lumière, un courant d’air, les lianes disparaissent. Les enfants précèdent les ancêtres. L’étendue recule à chaque pas. Le chaos dort sur le vent, le chaos pulvérise le vent. Le lit de la rivière est asséché piqué d’herbes folles dressées, son poids creuse la nuit. Quand coula la rivière, sa berge désormais sans limite. Des lucioles tapies telles des émetteurs sombres. Les cycles changent en nature. Livres, pages qui se tournent toutes seules, illusions consolatrices. L’été tète le végétal.
déplacé
Mes flics coulent un béton qui n’a jamais durci, qui coule et qui gèle, s’échauffe et encercle, embrume. Les orties poussent sur la terrasse, le barbelé du voisin est défoncé, de sa maison qu’on voit pas on entend s’envoler les corbeaux. J’endors les corneilles qui picorent à mon verre, j’attends l’empreinte, l’à-côté que laisse ma lecture d’une narration plate et monotone, je me retourne, je marche dedans. Dépassé un certain seuil d’ennui, on se retrouve déplacé sur un matelas gonflable increvable, en suspens entre plafond et plancher, puisqu’il n’y a pas d’eau, on laisse le rideau pendre, se prendre au vent. On évite les araignées si discrètes, les énormes, on ne bougera pas, aux moindres choses sont déléguées les actions, le cours du temps, l’espace que prend la pièce, le jardin la ville, on ne bougera à moins que le toit de la maison nous soit tombé dessus.
éclipse

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Je parcours mon chemin
Qui me conduit peu loin,
Me ramène chez moi ;
Puis sans mots ni émoi
Me voici éclipsé
R. W – VII 22 (1899 – Trad. G. Musy)
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« Les Enfants Tanner » en PDF
Traduit de l’allemand par Jean Launay
Gallimard
air d’hier
Les pierres sont taillées, les murs sont écroulés, le ciment est au vent. Les branches que l’on coupe, tous les arbres sont secs, si tout se passe bien les dernières forêts brûleront quelques hivers. Les journaux du jour tournent la rouille blanche, livreurs d’un air du temps qui excuse demain de n’avoir jamais su, les bourreaux affutent le silence. Pas besoin de vitesse, la lune s’éloigne encore.




