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LE PROGRAMME EN QUELQUES SIÈCLES

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera les Hommes du Feu
Au nom des Eclairés
Puis on supprimera les éclairés.

On supprimera l’Esprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L’HOMME ;
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L’HOMME ;
IL N’Y AURA PLUS DE NOM ;

NOUS Y SOMMES.

Armand Robin  Les Poèmes Indésirables

incroyable

Deux vérités que les hommes ne croiront généralement jamais: on n’est rien et on ne sait rien. Ajoutez-y la troisième, qui dépend pour beaucoup de la seconde: il n’y a rien à espérer après la mort. Giacomo Leopardi, le 16 Sept. 1832 (Zibaldone, Traduit de l’italien, présenté et annoté par B. Schefer, éd. Allia – en intégralité ici )

sunk

voir double

(…) c’était si terrible si l’entrée du paradis était en tout semblable à celle de la mort. aller au paradis, pensait maria de graça, c’était mourir. cette idée la laissait stupéfaite, comme si, par nature, une chose en pouvait signifier une autre.

L’Apocalypse des travailleurs, Valter Hugo Mãe (Métailié)

Da Presa di coscienza sulla natura (1977-2000) Campagna marchigiana © Archivio Mario Giacomelli, Senigallia

___________ #6

le ciel reflète un cours d’eau, porte sa densité son mouvement, répartis, étirés sur l’horizon, le reste va au couchant qui s’éteint en brumes épaisses, on dirait la mer, les oiseaux y disparaissent, reviennent, descendent (on dirait des poissons des grands fonds renversés), sentinelles du désert

pas plus loin

c’est obscur ce que je raconte, enfant j’ai dû croire que les gens entre eux se révélaient des secrets, je n’y comprenais rien, j’ai parlé à cinq ans, je lisais sur les visages quand j’étais invisible, j’ai essayé, maintenant c’est la même chose, au lieu des secrets c’est rien. faute de ne pas voir derrière le mur mes phrases s’y brisent. dès que je me retrouvais dans la solitude la joie était trop forte. on ne pouvait pas aller plus loin, on était pas transporté. l’autre bout de la terre n’a pas bougé, pas plus loin que devant tes yeux.

un rêve

j’escalade une paroi rocheuse, sans y parvenir. on me dit qu’il aurait fallu d’abord visualiser via des programmes informatiques ce qui eut permis l’ascension ; créer des points d’ancrage, des prises, visualiser la voie. abandonné aux archaïsmes de l’onirisme j’avais oublié la magie du virtuel à se réaliser, sa promesse panoptique, au seul sommet promis

L'origine souterraine des tornades de Mundus subterraneus (1665 ed.) Vol. 1, p. 205
l’origine souterraine des tornades