insomnia / 2

 

Ficelles de l’insomniaqueatterrir dans le sommeil, suivre attentivement sans entêtement les paroles à la radio, flotter dans le flux jusqu’à ce que la voix parle toute seule en partant. Travail pratique paradoxal : se déconcentrer le plus rapidement possible par grande patience. Conduire une à une toutes les images projetées sur un seul plan, les maintenir dans ce cadre, apaiser le geôlier. Laisser défiler les images pensées, s’y abandonner, faire comme se départir de soi, rêver dans une fleur à chardons.

 

collier sans laisse

Sa tête dodeline, hoche, épouse sans heurt les nids de poule, le corps chevillé au milieu au pied du pare-brise, il pleut un peu. Les chiens passent aussi de la fenêtre aux chemins, vivants, à promener leur maître avec dignité, candide témérité, portant, supportant les codes les lois les instructions ; les admettent, assument par avance, d’un maître qui y obéit plié noyé dans le travail et ses discussions assommantes à propos de l’œuvre du saint esprit. La voiture est repartie dans la nuit, les maîtres bleuissent recouvrant leur esprit à comment gagner des millions. Seul de juste le recueillement se trouve dans le sommeil. Les bons dormeurs n’ont pas la vie plus facile, les jours s’effacent dans l’hiver. Etc. :


canard du jour

canard du jour ZAPPA

A l’heure qui vient Sarko ou Hollande sortira du chapeau. Beaucoup d’études dans l’entre deux tours sur le FN ont forcé les yeux à faire retour sur non pas l’existence des trains de déportation, sarcophages perdus dans les tunnels : sur quelque chose de moins entendu d’un même décervelage en marche, dont l’avenir est à inventer ; pour l’heure il est gavé, nous nous y prenons mal. Tout est prêt : les mots trempés au discours politique n’ont plus de référent ; leur dorure, qui laissait croire un cadre, s’écaille, trop de vent, de désorientation pour nous conduire au camp– c’est l’appel aux basiques, à l’instinct, bref au fin fond des poubelles, où se rassemblent rentiers et largués hétéroclites du système. Le camps de l’ordre moral ne fait que brailler l’attente de ses nouveaux dirigeants. Phase 1 avant la pénurie. J’écris ça et pourtant j’ai plutôt la tête aux réflexions philosophiques de Fernand Deligny sur sa tentative du Monoblet avec les enfants autistes, où encore à l’impact prévisible des élections Grecques de ce même jour pour celui qui portera le chapeau.