silencio

 

Ni verticale ni horizontale la musique ricoche le silence, le silence rentre dans la mélodie, en ignore le rythme, corps figé, vacillant, précieux, absent au déplacement de l’air, un pas de retard, sa façon de danser, mélodie parmi les mémoires d’autres mélodies, retour titubant, époux dansant. Sur quoi repose la musique pour attester du passage du temps ?

 

 

expédition historique

 

Entre passé et avenir, au milieu de ta vie, ta lanterne s’éclaire dans le miroir, le présent fait tour de lui-même, une auréole fige l’air. De l’autre coté de la porte, de toutes les portes et celles des maisons vides, le jour est même, le ciel arrive, l’actualité en pâture, les détails à extraire du vrac, ne te penche pas, décourage-toi, oublie toute perspicacité, abandonne toute idée, même les yeux fermés.

le printemps ?

 

 

Difficile à comprendre ce que sont les flots prisonniers des calanques, la houle bruyante, alors qu’à l’horizon la mer éternelle tout en disparaissant. Des mots venus simplement de regarder s’évaporent à leurs images sans voix sans voir brassés aux flots des calanques qui y mettent fin.

Le soleil, blanc, sans chauffer, les oiseaux qui chantent en dormant, la source sous l’arbuste déplumé goutte à goutte dans la rivière, tombent les cercles sonores, le printemps ?

ma musique serait la plus heureuse avec un public mort

 

 

« Ma musique est dans le silence (…) le silence est mon substitut au contrepoint. Rien contre quelque chose. Les degrés du rien contre quelque chose. C’est une chose réelle, une chose qui respire.

Ma musique doit être écoutée non comme si vous écoutiez mais comme si vous observiez quelque chose dans la nature (…) J’ai affaire à la stase, c’est gelé, et en même temps ça vibre (…) À cause de son extrême quiétude ma musique serait la plus heureuse avec un public mort. »

Morton Feldman

trou d’air

‘Les imaginations des uns et des autres, c’était bien joli.. . mais il fallait revenir la réalité des choses…’   Raymond Devos, Un jour sans moi

Dépourvu de repère stable pour la musique, sinon, si c’en est un, qu’elle s’écoute des heures durant, en boucle hors-bord, de s’oublier de l’oublier.

Les sentiments vivent de leur belle vie tant que les assauts répétés de tes inconséquences n’enrayent leur retour. — Sinon quoi, il fait beau, si ? le don séduisant reçu et qui appelle la mélodie suivante d’un seul fil cousu de blanc. Sous le parapluie se glisser dans l’étang.