sans suite X

divisés du monde, d’autant par le miroir démultipliés, se tenant devant comme des originaux

la tête ne suit pas et l’esprit va dormir, la porte royale poussée, ainsi l’ambition ouvre la voie

la bourrasque me déporte, m’enfonce à flanc de forêt, glissade, banc de feuilles mouillées, pas trouvé mieux, troncs évités. au bout un chant d’été crépusculaire à la surface du ruisseau devenu torrent lent et épais

les animaux affamés se perdent, il pleut sans cesse depuis des jours. dissiper le temps, accompagner la promenade du chien

sage loup qui nous apprend depuis la première rencontre ce que ne voulons ni voir ni savoir

des bois, des forêts, tour à tour la charrue et celui qui ne la pousse pas

le roulement des pavés dans les brouettes et les mauvais chemins

avec l’idée fixe d’escalader la montagne immobile, léger progrès dans la pensée

sans mouvement, et sans répit. usure, effacement des limbes. le nom et la fonction des objets s’échappent, attendant leur disparition

calme après la tempête, les portes de l’attente baillent, le calme grandit, au guet balaye tout ce qui arrive

grande neige du dimanche, aucun pas sur le chemin, toute la lumière tombe en silence, rosée du lointain vole dans le ciel de demain. puis au dos le bleu du ciel, terrasses au désert

le papillon, le verre qui tombe, qu’il y ait vents, courants, ou pas, les pierres dérivent, des bras les lancent des sommets

One11 and 103

Film de John Cage, produit et réalisé par Henning Lohner | USA | dvd | 1992 | 92 mn, N&B. Pièce orchestrale pour 103 instruments. «Composition solo pour opérateur-caméra 35mm»

Entre musique et silence, ombres et lumières, parenthèses de temps non refermées. Dix-sept variations reflets. Cage écrit: « One 11 est un film sans objet, il y a de la lumière mais pas de personnes, aucune chose, aucune idée sur la répétition et la variation. Activité inutile pourtant reliée, comme la lumière elle-même qui échappe à notre attention, sans contenu prédéfini, son pouvoir est d’engendrement, d’œuvrer à sa propre transformation. »

« 103 est une œuvre orchestrale divisée en dix-sept pièces. Les longueurs des dix-sept pièces sont les mêmes pour les cordes et les percussions – les bois et les cuivres suivent un autre plan … suite de chances… d’opérations aléatoires, le nombre des instruments à vent varie selon chacune des dix-sept parties. « 

Lorsque ces deux œuvres sont jouées ensemble, le titre devient un 11 et 103. La pièce a été créée de cette manière en 1992 à la Philharmonie de Cologne, par la radio et Orchestre Symphonique de la WDR. Cette version vidéo a été supervisée par J. Cage.

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 + :  John Cage: in The Complete John Cage Edition, Volume 18: The Choral Works, Vocal Group Ars Nova, Támas Vetö, conductor : Four2 1 (990)   /   Living Room Music (1940)  for percussion and speech quartet    /   Ear for EAR (Antiphonies) (1983)    /   Five (1988)  (Ives Ensemble)

sur rien et sur quelque chose

Cage: « Discours sur rien » (Lecture on Nothing) : « Ce dont nous avons besoin, c’est du silence; mais ce dont a besoin le silence, c’est que je continue à parler. [……] Mais maintenant il y a des silences et les mots aident à les faire exister. [……] Nous n’avons pas à craindre ces silences, – nous pouvons les aimer. »

Cage: « Discours sur quelque chose » (Lecture on Something): « [S]i l’on conserve l’entière possession de rien (ce qu’on a appelé pauvreté d’esprit), alors il n’y a pas de limite à ce dont on peut jouir librement. Dans cette libre jouissance il n’y a pas de possession des choses. Il y a seulement jouissance. Ce qu’on possède n’est rien. C’est ce qu’on entend quand on dit: Non-continuité. Ni sons. Ni harmonie. Ni mélodie. Ni contrepoint. Ni rythme. C’est-à-dire qu’il n’y a pas une des quelques choses qui ne soit pas acceptable. »

John Cage, on silence; “When i hear what we call music, it seems to me that someone is talking. And talking about his feelings or about his ideas, of relationships. But when I hear traffic, the sound of traffic here on sixth avenue for instance, I don’t have the feeling that anyone is talking, I have the feeling that a sound is acting, and I love the activity of sound. What it does, is it gets louder and quieter, and it gets higher and lower. And it gets longer and shorter. I’m completely satisfied with that, I don’t need sound to talk to me. »

« We don’t see much difference between time and space, we don’t know where one begins and the other stops. (…) People expect listening to be more than listening. And sometimes they speak of inner listening, or the meaning of sound. When I talk about music, it finally comes to peoples minds that I’m talking about sound that doesn’t mean anything. That is not inner, but is just outer. And they say, these people who finally understand that say, you mean it’s just sounds? To mean that for something to just be a sound is to be useless. Whereas I love sounds, just as they are, and I have no need for them to be anything more. I don’t want sound to be psychological. I don’t want a sound to pretend that it’s a bucket, or that it’s a president, or that it’s in love with another sound. I just want it to be a sound. And I’m not so stupid either. There was a german philosopher who is very well known, his name was Emmanuel Kant, and he said there are two things that don’t have to mean anything, one is music and the other is laughter. Don’t have to mean anything that is, in order to give us deep pleasure. The sound experience which i prefer to all others, is the experience of silence. And this silence, almost anywhere in the world today, is traffic. If you listen to Beetho–ven, it’s always the same, but if you listen to traffic, it’s always different. »

Dream 

«Si dans le langage extériorisé la pensée s’incarne dans la parole, la parole disparaît dans le langage intérieur, donnant naissance à la pensée.»  Lev Vygotstki

 

tous les jours


quoi ! ça ne s’arrêtera donc jamais ?

décidément la structure iceberg du blogging oblige à tenir sa tête au dessus de, de et de

le cou les épaules supportent la masse raidie, je lève les yeux ailleurs, où poser mes pieds

je ne retrouve pas  “Distant Saxophones »  de Jan Steele

je retrouve ça, contiguïté de Satie,

Jan Steele + John Cage | Tous les jours | 1976  |  Poem/Lyrics by James Joyce:

All day I hear the noise of waters
Making moan,
Sad as the sea-bird is when, going
Forth alone,
He hears the winds cry to the water’s
Monotone.

The grey winds, the cold winds are blowing
Where I go.
I hear the noise of many waters
Far below.
All day, all night, I hear them flowing
To and fro.

Bass [Guitar] – Steve Beresford | Guitar – Fred Frith | Guitar [Solo] – Stuart Jones |

Percussion – Phil Buckle | Vibraphone – Kevin Edwards | Voice – Janet Sherbourne