caravaning à huis clos

ça m'suffit

Il faut dire ça libère du temps que de ne plus s’acharner sur rien à penser. Les épaisseurs de lierre retiennent les pierres du mur, on déambule parmi quelques-unes roulées au sol, nous habitons dans le musée des fouilles. Par la fenêtre nous regardons les voitures dans les herbes. De satellite nos papiers peints sont des pixels colorés où nos silhouettes se confondent, le vent souffle sur nos corps assoupis dans le silence des fauteuils, les fumées nocturnes des cheminées s’enroulent autour des lucioles. Le dégout nous tombe dessus sans que nous puissions voir son visage. Notre main devient abstraite, le moindre détail froisse.

rivière

large rivière  eau filante lourde  base et surface fluides   bleu du ciel dans l’air   le soleil sur la terre  le vent qui vient de loin   qui évite le lieu   les vagues portent les algues   le temps pelotonné aux habits sur la berge

Deb Schwedhelm  - “In Between Chuchotements de la mer ”

hors-ciel-hors-sol

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[A. Schnitzler, à propos des hommes politiques] Il est difficile de déterminer à quel moment la bêtise a pris le masque de la crapulerie et la crapulerie celui de la bêtise. C’est pourquoi il sera toujours difficile de porter un jugement juste sur eux.  

rameuter

Alors qu’eux, approchés avec retenue, brièvement, signalés, qualifiés positivement d’ exigeants avec eux-mêmes — suintent à fleur de peau l’odeur du mépris. Inopiné, tombé à point je suis démasqué, agresseur potentiel sommé de répondre à une demande, obtuse, de dégager ou mieux de servir, de l’interpréter, d’en être la réplique, obtempérant, servir le double haineux derrière les barreaux, peindre les barreaux d’amour.

Enrôlé avant même de dire oui je me fais bruyant et invisible, silencieux et encombrant, mais surprise quand même je ne suis pas seul. Bien avant que nous soyons arrivés, ignorant la destination, prenant le mal en patience, un air de bagages en vacances, un œil sur eux, nous avons été déplacés comme une meute, sur le territoire des fidèles ; le contrôle fut stricte, beaucoup disparurent sans qu’on s’en aperçoive, il était de toute façon si tard, nous nous frôlions maladroitement rassurément à cause du noir et pas de place.

Les entrants accueillis bras ouverts, c’était embarrassant. Par égards ils nous ont mis en temps d’observation dans des salles obscures où l’exil était un spectacle dont nous étions les hôtes, ficelés dans des cubes étroits, pelotonnés au chaud près du souvenir des ombres. On les regarde tellement exemplaires devant le rideau tiré, leur privilège de nature, la boîte noire derrière, nos fautes recensées, absoutes réduites rapetissées en un nombre pour faire preuve et délivrance de la bonne nouvelle.

Fabrique du bonheur à picorer, à picoler et sortir de cette salle dont les portes débouchent tu ne sais pas où c’est. Stage de récupération offert par clémence; nous irons nous tester en compassion, perfectionner nos sortilèges, prudemment par simple passade, avant de nous ébattre aiguisé de force souveraine vers de prochains Eldorados. Nous montons en puissance, ressemblons à notre image nouvelle, nous y alignant, nous appropriant ses qualités immatérielles augmentées de notre avide capacité à jouir: implémenter les circuits qui rendent possible le mouvement en dormant, le déplacement colonisant, zombi.

Peru

Corde à trois noeuds

les déterminations conscientes aveugles ou brouillonnes nous renvoient au couloir sombre dont nous ne sommes jamais sortis, ainsi nous y tournons un bout de niche dans la tête. bien qu’entre deux cognées, déchainés aux cris de liberté chérie, à grandes brassées d’orgueil, de peur rentrée, nous n’arrivons plus à lire le nom des gares qui se succèdent, nous dépensons nos dernières forces, l’ivresse des brigandages heureux creuse et épanouit le mirage. assommés et réveillés dans l’escalade des déchets, nos forces se régulent à trier. le cours des choses qui nous embarque c’est peu dire est lassant. perché en montagne j’attends la livraison des palettes de poussières et de colle d’amidon, de quoi sculpter nuages et têtes d’écrans, objets sacrés des winners ; pour les paris futurs, les tours et attrape – je réjouis l‘œil des adeptes du pur, je tire des cordes illuminées aux lampes DEL.

On aurait aimé n’être pas seul, que le ciel descende, fasse pleuvoir de l’âme de soi aux récoltes du ciel, une proue offerte en paraphe joyeux du jour – les cours d’eau complètent ton humeur à l’instant où l’émissaire tend un recommandé, un ange expose la matière d’ombres sous une forme intelligible ; derrière le voile un grain de sable s’extirpe du boulet pétrifié – âme noire, bleue, visage nu, âme souillée, une corde suspendue au ciel. 

Les fantômes du Titanic dansent aux commandes des drones, des héros furtifs naissent et pavoisent au cœur d’un écran où les paysages se renouvellent, s’étendent, la corde tendue des origines vibre, enveloppe, déclamation unanime du spectacle qui finit. Cette fois on fermera sa gueule, la der des ders, l’homme authentiquement vrai débarque.

baptême tardif

mur de com’ à Athènes

10/06 | échec du plan de privatisation du groupe gazier grec DEPA.

11/06 | 11:25   A. Samaras, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue luxembourgeois Jean-Claude Juncker; « Beaucoup de gens disent qu’il y aura des mesures (d’austérité) – c’est absurde ». Lequel homologue se déclare, « au nom de la culture «  « copropriétaire de la Grèce » (…)  — et, confession qu’on brade — « La Grèce n’est pas le problème de la zone euro. La Grèce est un épiphénomène de la mauvaise gestion lointaine de la zone euro. »

11/06 | 18:00  Athènes annonce la fermeture immédiate de sa télévision publique ERT (Ici en live). Le porte-parole du gouvernement annonce  « l’ERT est un cas exceptionnel d’absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant ».