Le cerveau est un organe dont la vie dépend plus des astres vivants ou disparus qu’à nos préoccupations des jours. Nous aimons à nous y confondre mais notre affairement le détruit. Ce dont il se remplit tient en partie à notre insatiable épanchement envers la répétition et peu lui chaut l’original, un zeste d’illusion sera plus léger. Le temps de notre passage enrobe un fossile friable. Nos amarres tanguent sur la crête d’une vague.
je perpétuais la grande grande faute, je m’effondrais en pleurs, je ne m’enterrais pas vivant, la tristesse accourait m’offrir secours, je ramassais dans la fange des miettes de sacré, en lourde attente je relevais la tête, aux chutes lyriques fugaces, aux illusions du commencement
je sais bien mais quand même. la vérité dure, le savoir dur et véritable, et du croire-savoir au merdier du commerce, du café au journal des images qui tournent au-dessus du verre et au-dessus du comptoir, il n’y a qu’un pas entre chez toi le travail et la rue, miroir qui voyage ou s’abrite ou s’étale au trottoir
le temps passe si vite qu’on le regarde à peine, quelle raison aurait-on de le changer si on en tire les marrons, qui font des ombres de l’or, théâtre des subalternes remerciant de quoi faire et à pouvoir servir, parier sur un maître, en avoir, être de l’avenir, de l’heure d’y croire
pas de réparateur, la marque n’avons que celle-là, remplaçable mais pas réparable, sans réparation, pas regardable à part dans la vitrine toute neuve, tous les jours, plus belle fermée la nuit les lumières, c’est pour cela qu’elle marche, c’est cuit, on cherche nos billes dans les confettis des boucles de rétroaction, des trous refermés, jamais existés. croire savoir décollage décollement.
Un message bizarre, un seul, inextricable, fait de deux bizarreries, dont l’effet de l’une s’ajoute à celle de l’autre, où de biscornus silences roulent leurs échos entrecoupés. Autant démêler une forêt de jambes, deux insectes en lutte à moitié morts, l’un est vivant l’autre peut-être pas. Finalement : un quiproquo, histoire d’oreille, de dispersion et d’absence, on devient bizarre.
Monter à l’assaut du temps, d’un temps que nous n’avons jamais eu, qui disparaît en lui-même, qui nous laisse sa peau, une surface toute entière, en sutures haut & bas, à laquelle en offrande livrons nos images construites en bric à brac, dans les plis du temps du souvenir, de quoi dire avoir arrêté le regard au jour que la brèche laissa glisser, avant de se décalquer par inactualité aux vrais souvenirs que la nuit enfonce.
bien sûr on n’est pas celui qu’on croit être, les heures défilent tu roules le paysage plus vite encore. en fait tu ne bouges pas, l’image te ressemble, elle te fait peau, et si hélas elle t’y piège tu n’arrêtes pas pour autant le temps. centre en émulsion, chevalier rivalisant d’exploits les moulins te mènent par le bout du nez, tu finis par te voir de travers, ou tu n’as pas vu le virage, les moulins s’évanouissent. par quel bout reprendre, tu ne ressembles pas à ce que tu avais pu t’imaginer, il n’y a même rien à s’imaginer.