pierres

Stefan Hoenerloh, Le contraste des jeux, 1996

Ce sont des pierres de montagne en bloc, en poudre, transportées jours et nuits, élevées suspendues balançant aux plans, aux fenêtres vue sur cour. Vie & Avenir découpés au-dessus des tunnels, surexposés au ciel. Des autoroutes s’allongent, chauds humides, des particules noires, des zones urbaines se mangent, des no man’s land de récupération pour lisière. Des paysages, des gens viennent et partent. Visage à la fenêtre, muet dans l’air, vitrines de nos esprits et le doux murmure de l’aigle sans ailes. Ouvrir au matin les fenêtres au ciel avant que les images et les objets ne l’épuisent. Les vagues sur le vide pénètrent sous la porte.

 Les culs-de-basse-fosse tanguaient de l’autre coté vers la mer. Des sirènes étouffaient leur rires derrière l’échos, le sable, les pierres leur grain sous la neige, leur oxygène d’eau, le ciel en leur éclat fendu, le vent endormi dans le repli des ombres. Par jour de grand froid et verglas, par poignées d’en haut tombaient des braises brûlantes. Avant de s’endormir la sentinelle balayait du regard la forêt où s’engouffrait la nuit. L’ennui rongeait la vieillesse de nos maîtres.

rire de rien

Il y avait toujours à nouveau des nuages, malgré le solstice bientôt, les pires nuages étendus indémêlables et si bas. La pluie en a assez. Sous les paupières la brume fraîche épouse un caillou lisse. J’ai laissé beaucoup de temps errer tout en remontant la terre des éboulements, à creuser dans des buttes trouver où dormir, payé mon tribut, cherché dans les rêves où se rendre au matin, à donner des forces à mes jambes pour tenir me lancer. Pourtant d’avoir ignoré que la lumière s’était éteinte, que l’existence est sans raison. N’en étant pas plus avancé, ce qui ma foi, pour cela même, fait ma raison désormais. Le vent qui soufflait amplifie le silence.

%22Saint- Francis Church, Rancho De Taos, NM, c. 1950 -Ansel Adams (1902-1984)

moi François Hollande

Jusqu’alors je me France, je me Français, je suis François Hollande, j’emporte les tunnels au fond de ma Citroën DS5, j’emprunte le tunnel du lac supérieur, je fends ses murs vierges, ses ondes de chaleur du temps, les élections m’ignorent, j’efface les sondages, je dépeopolise à tout va, des points lumineux glissent sous le ciel bleu nidifié qui m’attend, m’attendait, une grande âme blanche floconne encore le ciel, je suis la France, moi seul le peut, j’étais seul et unique à porter le possible, je ne peux pas être un autre, ni hier ni maintenant, il m’arrive de glisser, je n’ai pas de corps, j’ai la mission de vivre sans inconscient, j’ai juré et m’en suis privé (ne me demandez pas pourquoi) moi seul condamné au dernier mot, au plus proche de l’avenir, ses soupirs, ses extases, sa prison.

Rapidement Moi Lui Hollande président ai pris de la hauteur, j’ai endossé les costards à chef d’état, j’imagine qui être, mon obsession de la vitesse, d’emballer, le rêve vient lentement juste quand je me réveille, je cours la journée dans ses cachettes vides. Être là-devant quand tout le monde perdu.

Homme de poigne légère et de ruse aiguisée, ça fait une drôle de gueule, un amoureux léger et important des femmes, mais quelque fois le soir se dit-il quelqu’un de louche j’ai peur. Escroc par gentillesse de feindre de mieux savoir, d’être avant les autres à leur servir la solution toute faite, l’arrangement attendu de la bande. Serviteur qui n’aurait qu’un seul langage, incarnant la justice et dès lors assumant, bouclier de n’importe quoi et du chaos, le temps du pouvoir devient long. Adieux gênés et soulagés au socialisme, au socialisme achevé, on aura décidément jamais su ce que c’était, et puisque tout part se fait tard on se fera philosophe aux petites heures repentantes, rampantes de la barbarie.

produire le temps réel

L’ordre ici-bas ? immuable, statique, encerclement pyramidal, un gardiennage de l’univers, enchaînement parfait des privilèges. Dans la cour de l’immeuble la vie file, nous dormons travaillons à répondre au règlement défini selon catégorie, nous visitons saluons traversons les bureaux, nous faisons des progrès de long en large, nous sommes au coeur du projet en compagnie de proches intercesseurs de part et d’autres écrans, pleins d’allant, le tunnel ouvrage l’horizon. Par la trappe à oxygène des équipes de chercheurs s’affairent nuit et jour aux réglages, aux partitions, aux focales complexes et qui remontent au temps la livraison du monde réel, simplifié fluidifié, interminable, en toute transparence : l’homme ébloui est une mine d’or.

à partir de peu de confort ou de surprises , Arkansas, 1973, Eugene Richards

synopsis

Il terrasse A. Le temps passe. Un étendard. Un petit tour. A se représente. A le frappe. Le cercle se troue, d’épuisement. La mer revient, on est en bateau. Il y a toujours quelqu’un pour entendre une sirène, le combat reprend du sens. Le vent essaime, l’averse, les oiseaux sur les terres, une vie suffit amplement. Il y a quelqu’un d’autre, un lecteur de la langue que va éclairer la lune.

Per Bak Jensen

d’en bas, d’en haut

Imaginer le futur, butter, revenir, se retenir à la falaise.

Quoique briefés à « l’ère de l’information » fidélisés aux « intervenants envoyés spéciaux analystes, spécialistes, rédacteurs en chef » enrôlés bonhomme aux opérations business sympas, voués au sommeil des cryptes sous les nuages à propagandes, aux recyclages blanchis des versants partisans, promus en arbitre jaunâtre à combats pour rien comprendre.

Êtres de paroles apprenons balbutions ce que nous avons dit avec ce que c’est devenu, devin dans le brouillard. Supervisés par l’historien, notre estomac en toutes versions, usés le point la fin échappant, suspendus maintenant depuis des satellites, le début rendu complètement improbable, ou alors bien en retard, sur le retour.

Semblant de linéarité, effort de transparence, l’avenir des surfaces vierges, forêts des expansions, havre de paix parmi nos amis robots, nos frères, auxquels nous apprendrons à se marier, que nous marierons. Notre plasticité a des sourires d’edelweiss.