Le rêve n’a ni passé ni futur, c’est la pure action hallucinée d’un corps endormi. Dès qu’il s’invente au dehors, se réalise, le corps tout entier du monde devient son cauchemar.

Le rêve n’a ni passé ni futur, c’est la pure action hallucinée d’un corps endormi. Dès qu’il s’invente au dehors, se réalise, le corps tout entier du monde devient son cauchemar.

Les sociétés finissent toutes par se rendre littéralement invivables. L’histoire, sans avancer, sans retour, se meurt de tanguer, d’être invraisemblable, vie et mort égales en même temps, virus, guerres, climat, puissances impensables. L’histoire se raconte après, pour rendre vraisemblable ce qui devient le passé. L’histoire tardivement revient au language. Alerte d’un demi-siècle pour se faire entendre, toujours pas déchiffrée un demi-siècle plus tard. Ce qui arrive est le début de la rencontre d’un temps de terreur, application précipitée d’un vieux plan prévu durer cent ans où personne ne descendra du train. Que faire du temps qui nous est imparti ? Si l’histoire est prévisible alors il n’y aura plus d’histoire, on appelle ça l’apocalypse.
Les figures rupestres campaient l’abri des hommes à la poursuite d’eux-mêmes et des animaux lors de chasses libératrices, hâtives et nocturnes, avant de déboucher sur l’horizon étouffant.
La musique contemporaine transforme une scène quotidienne en scène du passé où des figurants chargés de la répéter vont et viennent bloqués dans une histoire absurde.
Zone blanche sans réseau couverte par les stridulations des grillons, le centre de leurs ondes sonores occupé par grenouilles et lucioles, qui piègent oiseaux et chauves-souris.
Te retournant, profite de faire résonner le silence. Les mots se déplient ainsi que les ridules d’un lac calme progressent depuis le point où un poisson a frétillé.
L’ombre de l’eau, dégradés de blancs, lumières sans contours, passages d’éclairs sombres, il l’appelle nuage.
