cuisine du poison

ateliers du Rana Plaza, Bangladeshla lecture des journaux dans la cour donnait parfois le sentiment d’être dans la rue, nous tournions dans la cour, nous tournions les pages des journaux, nous rentrions déçus d’avoir été si immobiles, tant détenus. en trompe-l’œil le dehors était troué dans le béton mais à cela, s’enfuir, obsessionnellement, faisait l’unique réponse à tout, deux fois avertis que nous ne pouvions pas tomber plus bas. tournant en rond, notre forme sous l’œil des caméras se découpait en lignes superposées grisâtres et blanches, un fantôme cuisait notre futur, plutôt que de me laisser manger on me lisait les saveurs de l’assiette écrites dictées d’un plateau invisible. à force de lire le journal on aurait misé que sa pauvreté, son étroitesse venaient d’un parti-pris pour la catastrophe : pour s’en défendre on était « pour » allouer sans compter des crédits à l’ouverture de prisons aux ouvriers : des « espaces transitionnels » disaient-ils, sorte de cloisonnements, d’espaces semi-ouverts et sécurisés, gages de liberté. la catastrophe est pétrie. pour ce qu’il leur reste de mise, mieux vaut la doubler in extremis lors du dépôt de bilan. on s’y prépare. l’image du monde serait-elle à ce point devenue inexistante?

tous les jours dimanche

Panopticon, l'inspiration, en voyage pour Cythère

« Il y aura, d’ailleurs, des curieux, des voyageurs, des amis ou des parents des prisonniers, des connaissances de l’inspecteur et d’autres officiers de la prison qui, tous animés de motifs différents, viendront ajouter à la force du principe salutaire de l’inspection, et surveilleront les chefs comme les chefs surveillent tous leurs subalternes. Ce grand comité du public perfectionnera tous les établissements qui seront soumis à sa vigilance et à sa pénétration » Jeremy Bentham, Le Panoptique (éd. Minuit) titre autrefois libellé « Panoptique: mémoire sur un nouveau principe pour construire des maisons d’inspection, et nommément des maisons de for » – et dans l’original:

PANOPTICON

OR

THE INSPECTION-HOUSE:

CONTAINING THE

IDEA OF A NEW PRINCIPLE OF CONSTRUCTION

APPLICABLE TO

ANY SORT OF ESTABLISHMENT, IN WHICH PERSONS OF

ANY DESCRIPTION ARE TO BE KEPT UNDER INSPECTION;

AND IN PARTICULAR TO

PENITENTIARY-HOUSES,

PRISONS, HOUSES OF INDUSTRY, WORK-HOUSES, POOR-HOUSES, LAZARETTOS, MANUFACTORIES, HOSPITALS, MAD-HOUSES, AND SCHOOLS:

WITH

A PLAN OF MANAGEMENT

ADAPTED TO THE PRINCIPLE:

IN A SERIES OF LETTERS,

WRITTEN IN THE YEAR 1787, FROM CRECHEFF IN WHITE

RUSSIA. TO A FRIEND IN ENGLAND

BY JEREMY BENTHAM,

OF LINCOLN’S INN, ESQUIRE.


l'ordination civique, la chaire.

De feu J. B encore,  » la faculté de voir d’un simple coup d’œil tout ce qui s’y passe » ; résultats miraculeux – « La morale réformée, la santé préservée, l’industrie revigorée, l’instruction diffusée, les charges publiques allégées, l’économie fortifiée — le nœud gordien des lois sur les pauvres non pas tranché, mais dénoué — tout cela par une simple idée architecturale » – Spéculation entrepreneuriale et altruiste, à la joie du Jurisconsulte – de l’étrangeté des froides ruminations, aux bonheurs de rigueur – promise aux illuminations des gros emmerdements. »

« On sent qu’il pourrit là de l’histoire inconnue » (V. Hugo, Eviradnus)