On perd tous un peu.
R. Brautigan (In « Tu charges du mercure à la fourche – 1976, Ed. la castor Astral.)
« aprez que nous avons mis nous courons sans soucy dans le precipice pourveu qu’il y ayt quelque pour chose devant nous qui nous empescher de le voir
166-183 Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir. »
Blaise Pascal, XII. COMMENCEMENT, Pensées sur la religion et sur quelques autres sujets.
« Le monde du grotesque est plus ou moins terrible et étranger à l’homme. Tout ce qui est coutumier, banal, habituel, reconnu de tous, devient de but en blanc insensé, douteux, étranger et hostile à l’homme : son monde se transforme soudain en un monde extérieur. Et le coutumier et rassurant révèle soudain son aspect terrible ». Mikhaïl Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais… Éd. Gal., p. 48
« Nous sommes tellement affectés et terrifiés du fait que notre monde cesse d’être censé que nous pensons ne pas être à même de pouvoir vivre dans ce dernier. Le grotesque insuffle la peur de vivre plutôt que la peur de la mort. Structurellement parlant, le grotesque rend impossible les catégories à travers lesquelles nous tentons d’appréhender le monde « . Wolfang Kayser, the grotesque in Art and Literature, Éd. IUP, p. 184
« En réalité, il connaît la signification de son acte. Il sait qu’au fond, il a refermé – ou plutôt, liquidé son passé. Il comprend enfin ce qui le meut réellement : « la passion de la liquidation, écrit-il, dont la cause est impénétrable. » On lui demande s’il veut que ses manuscrits donnent lieu à une exposition. Non, répond-il, il ne le veut pas. Il ne veut plus jamais revoir les traces des combats de sa vie, ces écrits de combat. » Imre Kertész, L’Ultime Auberge, p 153, Actes Sud