plancher

Je l’ai rencontrée il y a longtemps, il en fut déjà ainsi au premier jour, l’espace pivotait s’accélérait, la béance du soleil, les ombres amies prodigues. Il y a combien d’années ? Depuis j’abrège mes jours, je disperse le temps de l’origine aux creux des lisières microscopiques, les ombres allongées occupent la nuit, j’ai mangé du temps, je mange le temps d’encore, je laisse les brumes brouter l’avenir, le dos tourné. Ce que j’ai lu entendu vu se confond, s’éloigne un peu plus, la passion laisse un goût de fane ou croupit quelque part, compagnie pâle du refuge, indifférente aux catastrophes, un sourire à rien, des portraits des odeurs de couloirs sans porte où traversent des veilleuses aux lueurs ternes ensommeillées.

Comme ça, à moitié, de temps en temps pour de vrai, jouer la comédie, la vraie enfin, entrée en scène, masqué, seconde peau, présence amante sous capuche transparente ; voir s’élever et prendre sol, en vis-à-vis le miroir de ses yeux, s’étonner encore, d’un seul regard la multitude des visages, plonger dans le décor, puis se coucher sans rien penser, comptant repassant les images, le ciel blanc délavé, écoutant le plancher craquer, bienheureux.

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