bêtes de somme

Au souffle sourd des avenues grises de nuit subsiste d’anciens carnages. Une euphorie passée larguée d’images d’enfant à « se prendre pour » un chat, un chien, une gazelle, un cygne, un dragon etc. – nous livre plus sûrement que nostalgie au lynchage dans la fosse scato-zoomorphe.

Après la poussière d’un sillage ancien par langues de goudron s’augmentent les étalages où bêtes s’entassent, dépecées pesées déversées, raides et tendres assurées d’arriver à bon port, aux bornes des supermarchés, transparentes sous les cellophanes qui les rendent invisibles, les lampes sont aussi rouges que les affaires à faire.

Pourtant les animaux parlent une langue précoce faite d’espaces ouverts, habitée par la vitalité des corps. Se glissant à la frontière des signes et du langage leur territoire traverse le maillage, s’absente sans bord, s’étend. Et nous rendus muets et jaloux, nous, la tête au ciel cabrée, attentive à son peuplement, aux présages qu’il délivre, que notre langue convoite en alphabet d’ornement ciselant notre trône. Les présages animaux facilitent le voyage, fraient le chemin; porteurs d’une intelligence fatale ou meurtres et amours permutent, ils engendrent les espèces, voués aux forces du dehors lesquelles nous abandonnent, à mesure que notre chasse s’arrête d’un coté et de l’autre d’une ligne de peloton d’exécution. Nos trônes vermoulus crépitent, peinent à allumer le feu.

Tom Chambers -

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