actualité au paradis

« Tout lu » d’habitude à l’aveugle, journaux livres écrans, n’importe quoi pour voir d’abord, ne faire que ça, continuer à voir, et réfléchir à vide, voir de quoi ce monde est fait plus loin, ce que ça laisse, à revenir. Hier déserté, de même dans la lancée, dans la room à patience des lentes fermentations, j’étends mon voile de jaïn, j’attends le filon rouge filtré goutte à goutte, et poussière dans l’œil, relisant les attendus du procès, à rebours voir l’entrée dans le décor.

Larry Towell. Un homme hébété ramasse un papier qui a été soufflé hors de tours après l'attaque du World Trade Center, et commence à lire. NYC. 09. 11. 2001

Presque toujours à l’éviter, à s’efforcer de mettre l’actualité le plus loin possible, ne lire que ce qui tombe un peu par hasard dessus, les filets des dépêches qui sous les yeux glissent au coin des yeux, un repérage lire-sans-lire, retenir du coin de l’œil, d’en savoir tout autant, le temps n’est trop rien, éponge d’ignorance en survol ou qui te tombe dessus. Ou bien, avant de s’endormir on partirait à la recherche d’un coin écorné qu’ignore le Cloud, sans richesse sans homme, traverserions à vol d’oiseau, l’actualité plein nez à s’asphyxier, se calmer, ne plus bouger, le journal sans date froissé juste allumer le feu, ne plus parler, faire dire aux animaux noctambules qu’ils te ramènent, tu les as entendu, aux balbutiements de la langue.

S’endormir, et revenir à l’actualité, des bouts d’histoires plus ou moins proches, à durée de vie variable, difficile à situer, des présupposés, des coïncidences vues ou pas dont on fera histoire, plus tard, il n’y a rien à comprendre, c’est assuré de n’y rien comprendre mais on est assuré de savoir, trempés dans l’air du temps, ça défile, on avance, on attend des explications. L’information à nous raconter sans même que nous nous en apercevions, un sablier à vie. Nous sommes une foule, ou en couple dans une suite, une pièce du puzzle dans l’image d’Épinal, pour en revenir au combat de la démocratie contre le terrorisme et de moins en moins sûrs à la fin sur rien.

Siroter à la paille l’actualité nous la valons bien, ce mixe entre produit et information du meilleur rapport qualité prix, candidat Win-Win, collaborateur à temps de cerveaux disponible, possibilité de gagner son congé aux Caraïbes, être à crédit.

Le passé se passe de visibilité, de commentaires, pilote les yeux fermés, à tombeau ouvert, il lit les pierres, la documentation, et pêle-mêle nous nous émerveillons de notre architecture et des projets d’urbanisation à grande vitesse, les traits tirés nous inventons des définitions. Des gens qui imitent des gens, la chaîne humaine.

Le quotidien ramené à ce qui fait que rien ne changera, les promesses s’adaptent, tiennent, et que l’avenir est à tenir bon, qu’il se rapproche de toute façon.

Les événements ont leur propre vitesse, nous croyons les voir s’arrêter, germinaux, essaim à prédictions, prendre résolutions. Secoué par leurs impacts, leurs imprévisibilités, ou du refus à les considérer et d’être tout le temps sans attendre, à la fuite en avant. L’événement est une découverte tardive, ou comme on entre dans le noir de la salle quand le film a commencé, les profils qu’éclairent la projection.

L’intérêt de l’événement avant d’apparaitre sous nos yeux est de remplir le vide dans le film des pensées. L’effet de son intensité ne regarde pas la distance de son point d’émission, le temps qu’on file a filé. Les lecteurs sont nombreux, on en vient à penser l’uniformisation à tout prix, c’est une nécessité, les vagues et l’horizon l’emportent sur notre lucidité. D’ailleurs à choisir nous préférons que le lieu, d’où nous l’observons, tangue à l’incertain. La distance où nous nous croyons placé cultive notre désir d’immortalité. Tenus à un pari dont nous avons oublié l’objet.

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