d’un point l’autre

l'habitus du fauteuilJe lis sans lire, fastidieux je feins, sans être là, je regarde derrière en haut à l’emporte-pièce une moitié de ligne parmi deux ou trois d’écriture, trop longues, trop étendues, je saute. Sur la page c’est trop lent, un vrai brouillard à plat, bien dense, un paysage déçu, où trop tard je suis perdu. Nez orgueilleux dans le guidon je fonce derrière, au-dessus, dessous, tourne en rond près du fauteuil qui a disparu du salon. À même hauteur que ce brouillard, à tâtons je prends la porte et m’en encombre, ni dedans ni dehors.

Nous pourrions errer tout autant à l’autre bout du monde, la tête aussi vide, la fenêtre ouverte. De vieilles dentelles la lumière se découpe aux courants d’ombres que les cloches suspendent, où des voix hallucinent, feutrées, dans la poussière d’un ciel immobile. Par ici reconnaissable quelqu’un ou quelque chose qui t’appelle, te rappelle, une rue, des portes des ponts à traverser, des machines connues, des manières de, des façons de se rendre invisible, de se faire signe de loin en loin. Loin là-bas, tu apprendrais trop tard, acculé, désarticulé, hésitant sur le quai tu prendrais même la direction inverse, croyant revenir, sait-on jamais, une dernière carte, tourbillon, la vie au jour le jour, la nuit à la nuit.

Nous répétions, arpentions, vieillissant, les maisons rasées de l’enfance, une casquette de bois sur la tête. Du smog, des valises percées. Des quais, un train, une station ratée.

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